Edito du 3 avril, 4 CA 2011

Fête des 50 ans du CCFD-Terre Solidaire Eglise Saint-Cannat

samedi 26 mars 2011 Homélie de Mgr Pontier

Une improbable rencontre !

Telle est l’expression qui m’est venue en priant ce texte, pourtant si connu, de la rencontre entre Jésus, fatigué de la route, et une Samaritaine venant puiser l’eau au puits de Jacob. Improbable rencontre entre un homme et une femme en un temps de grande distance, entre un Juif et une Samaritaine qui au minimum s’ignoraient, entre un sourcier d’eau vive et une habituée de la corvée d’eau. Improbable rencontre au puits de Jacob, illustre ancêtre de l’Alliance entre Dieu et des hommes toujours prêts à en découdre entre eux et au sujet de Dieu ! Oui, improbable rencontre et, pourtant, quelle belle rencontre qui voit le dialogue étancher les soifs premières et révéler les soifs secrètes, qui voit le respect, la vérité, l’estime et la confiance venir à bout des distances, rendre inutiles les cruches d’eau morte pour les remplacer par une source d’eau vive devenant jaillissante dans le coeur de la Samaritaine! Quelle belle rencontre qui voit l’eau vive faire oublier toute autre soif !

Je trouve providentiel que cet évangile soit le nôtre en ce jour où nous rendons grâce pour les 50 ans du CCFD-Terre Solidaire. Le puits : pendant les premières années de l’aide au développement, combien de puits n’avons-nous pas contribué à creuser dans le Sahel et ailleurs ? De nombreux groupes de jeunes se sont motivés dans ces actions concrètes porteuses de vie ! Nous voulions vaincre la faim et cela semblait à notre portée. Nous nous y sommes tous mis à l’appel des évêques de France. Les mouvements d’Eglise se sont unis. La lutte contre la faim nous a conduits à comprendre que rien n’aboutirait sans une politique de développement équitable, juste, respectueuse, généreuse. De beaux textes d’Eglise sont venus nous accompagner. La rencontre des frères, en Eglise le plus souvent, nous a ouverts au vrai développement qui est celui de tout l’homme et de tous les hommes. Du côté de chez nous, il fallait devenir plus humbles. Nous avions les moyens matériels, il nous fallait acquérir le respect de nos frères en voie de développement. Il nous fallait apprendre à les écouter et à entendre d’eux ce qu’ils portaient au nom de leur histoire, de leur culture. Il nous fallait leur dire : «Donnez nous à boire» et reconnaître humblement que, nous aussi, nous avions de l’essentiel à développer en nous et que le visage d’humanité que nous donnions à voir n’était pas si humain que cela. La recherche de puits d’un autre ordre, pétrole, minerais ou produits agricoles, est venue et vient encore troubler notre coeur, fausser nos intentions et manquer de respect à ceux qu’on prétend soulager.

Si au plan matériel, il y en a qui ont plus que d’autres et doivent partager, nous avons tous, au plan spirituel, humain, profond, à recevoir de l’autre, du différent. Et voilà que, pour nous autres chrétiens, nous expérimentons que dans ces échanges, dans ces rencontres, ce n’est pas seulement un monde nouveau que l’Esprit de Dieu construit, mais des hommes nouveaux qui reconnaissent en Christ ce sourcier d’eau vive, d’eau filiale du baptême, d’eau fraternelle de l’eucharistie, d’eau inépuisable de la confirmation qui déploie en nos coeurs le désir de nous laisser aimer et d’aimer vraiment…. (extraits)

Edito du 27 mars, 3 CA 2011

Arthéo : la célébration du mariage religieux dans le cinéma.

Mardi dernier nous avons parlé mariage, au cours de notre rencontre mensuelle autour de l’art et de la foi. Le sujet était en effet, « la célébration du mariage religieux dans le cinéma ».

En partant des symboles d’une célébration dans notre église paroissiale, nous avons vu comment ces symboles étaient repris en passant quelques extraits de films. Parcours loin d’être exhaustifs mais qui nous a permis de voir comment la célébration peut intervenir dans l’intrigue.

La célébration peut intervenir dès les premières minutes du film pour présenter les protagonistes de la comédie, ou pour faire rebondir la narration, avec cette question récurrente dans le cinéma américain, posée par le prêtre qui demande à l’assemblée si quelqu’un veut s’exprimer sur la validité du mariage « qu’il parle maintenant ou se taise à jamais ». La célébration peut faire office aussi de dénouement heureux à la fin de l’intrigue comme une « happy end ».

Quelle que soit la place de la célébration religieuse, il faut noter le grand respect du cinéma pour cette noble institution. La célébration est un moment de vérité, ou les masques tombent. Il n’est pas question de mentir, et le prêtre, même s’il est un acteur, ne manque pas de rappeler la dimension sacrée du mariage.

Les symboles de nos célébrations sont riches. Les habits, le voile de la mariée, les couleurs, l’échange des alliances, l’autel devant lequel les fiancés échangent leurs consentements, le bouquet à Marie, le prêtre qui enroule son étole autour des mains jointes des nouveaux époux, l’Eucharistie si elle est célébrée, le dais si la célébration est en plein air… L’Eglise dit beaucoup de choses à travers ces gestes simples et ces choses essentielles. A chacun de nous de savoir les lire pour entrer dans la pédagogie de l’Eglise et découvrir ainsi la grâce de ce sacrement magnifique.

Julien

Edito du 20 mars, 2 CA 2011

Pendant ce carême, le C.C.F.D.- Terre Solidaire nous propose un éclairage sur les Droits de l'Homme à la lumière de notre foi, en lien avec les textes du dimanche.

1 er Dimanche de Carême

«Alors le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la glaise du sol, il souffla dans ses narines une haleine de vie et l'Homme devint un être vivant.» Genèse 2,7-9

Que dit l'Eglise des droits fondamentaux? Le récit de la création affirme que l'Homme est créé à l’image de Dieu, ce qui donne à chaque être humain la dignité d'être libre et d'exister. Pour St Thomas d'Aquin, de cette dignité découlent ‘des Droits et des Devoirs’ que les encycliques des papes et l'enseignement social de l'Eglise développent selon les contextes et les situations.

A travers le Christ, Dieu a pris sur lui tout ce qui est humain. Nous sommes donc appelés à protéger et promouvoir les droits fondamentaux.

«Pour l'Eglise, les droits fondamentaux sont en premier lieu, fondés sur l'affirmation que l'Homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Dans l'Orient ancien, où seul le roi est à l'image de Dieu, cette affirmation revêt un caractère révolutionnaire en conférant à tout homme une dignité du simple fait d'être homme ou femme.» Marie-Laure Dénès, extrait de Vivre le Carême 2011

POUR REFLECHIR : Quels sont les droits fondamentaux ? Ne suis-je pas tenté de faire l'impasse sur certains droits ? Y a-t-il en moi une tension entre droits et devoirs ?

2 ème Dimanche de Carême

«Car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi. Ne rougis donc pas du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier, mais souffre plutôt avec moi pour l'Evangile, soutenu par la force de Dieu, qui nous a sauvés et nous a appelés d'un saint appel» 2° Timothée 1,7-10

Dieu a donné à chacun un esprit de force pour être au service de l'Evangile, nous dit saint Paul, chacun à sa façon et selon sa situation. Depuis 50 ans, le CCFD-Terre Solidaire est nourri de cet appel, notamment dans ses liens avec les associations partenaires dont il soutient les projets. Permettre à chacun d'agir en responsabilité à son propre niveau, aider sans faire à la place de l'autre, telles sont les définitions de la subsidiarité dont nous entretient le Père Henri Madelin. La subsidiarité est tout le contraire d'une politique totalitaire. Une personne, une famille, une communauté de base sait ce qui est bon pour elle. L’État doit laisser à chacun le goût de créer, de prendre la parole, d'avoir un sens critique et n'intervenir que pour apporter un mieux-être que lui seul est en mesure de fournir. C'est un principe politique à susciter ou à renforcer dans un monde où les démocraties sont rares.

«Le choix de la subsidiarité est un choix politique et philosophique, avant d'être un acte juridique. Il veut montrer que la priorité dans l'organisation d'une société est de toujours respecter ce qui s'opère au plus près des gens et de ne privilégier des cercles plus larges que s'ils peuvent faire ‘mieux’ que ceux situés en bas de l'échelle sociale.» Henri Madelin, extrait de Vivre le Carême 2011

Edito du 13 mars, 1 CA 2011

Une semaine au Bénin…

Beaucoup le savent déjà, avec Rémi Ollier et Clément Mincé, nous sommes allés passer une semaine au Bénin pour y découvrir la paroisse St Michel (avec laquelle nous sommes jumelés), le diocèse de Natitingou et enfin le pays lui-même.

Quelques impressions à partager ensemble, par écrit, avant de vous inviter à voir le montage photos que nous allons réaliser.

Une ancienne terre de mission : Le soir même de notre arrivée à Cotonou, nous sommes allés dormir chez les S.M.A. (Société Missionnaire Africaine) où des prêtres français, missionnaires, nous ont accueillis de manière fort sympathique. Les 3 prêtres sont des anciens missionnaires (l’un d’eux a été le curé d’une paroisse de Natitingou avec François comme vicaire) tout en continuant leur apostolat de manière plus paisible, désormais, sur la capitale. Pendant notre visite, nous avons pu voir tout un pays qui se prépare à célébrer le 150ème anniversaire de l’évangélisation du Bénin. A Ouidah, nous avons pu voir un monument commémorant l’arrivée de la Bonne Nouvelle avec les noms des deux premiers prêtres et des trois premières religieuses qui sont allés porter l’Evangile dans ce pays en 1861 !

Il faudra attendre 80 ans pour que la bonne nouvelle gagne le Nord du pays : la région de l’Atacora, distante de 600 km de Cotonou, fêtera ses 70 ans d’évangélisation. Les routes n’existaient pas encore et cela devait être une véritable aventure de traverser le pays vers le Nord. L’exportation du coton aidera beaucoup à cela.

Aujourd’hui, le Bénin a 2 grands séminaires, celui de Ouidah compte 142 séminaristes en 2ème et 3ème cycle de formation. C’est sur ces jeunes béninois que repose maintenant la tâche d’annoncer la Bonne Nouvelle au milieu de sectes très entreprenantes et d’un islam bien présent, surtout dans le Nord du pays.

La chaleur de l’accueil : Lorsque nous sommes arrivés à Natitingou, le samedi vers 16 h 30, une grande partie de la communauté paroissiale nous attendait et lorsque nous sommes descendus de voiture, une véritable haie d’honneur nous a accueillis avec des chants et des danses, sans oublier le rituel de l’eau. Il est difficile de transcrire ici l’émotion qui nous a saisis à ce moment. Aucun de nous trois n’a pensé à faire une photo de ce moment magique, tellement nous étions pris et touchés.

Par la suite, avec le Père François, nous avons été invités chez plusieurs de ses paroissiens et à chaque fois, nous avons eu droit à un véritable festin… Lorsque nous en faisions la remarque la réponse était invariablement la même : « Mais c’est la fête ! Vous accueillir est une véritable fête ! ».

Au Bénin, la chaleur n’est pas qu’extérieure (il faisait entre 30 et 35° en moyenne pendant notre séjour), elle habite le coeur de ses habitants et elle se communique.

Une église en pleine expansion : Que l’on juge : la ville de Natitingou compte 45.000 habitants où il y a 4 paroisses et au moins 2 prêtres par paroisse. Le dimanche j’ai célébré et prêché aux 3 messes : 7 h, 9 h et 18h 30. Pour les deux premières messes, l’église de St Michel était pleine à craquer : pleine de gens de toutes les générations : enfants, ados, jeunes, adultes et plus anciens tous sont venus célébrer le Seigneur, écouter sa parole et recevoir le Pain de Vie.

Chez nous, malheureusement, on ne peut pas en dire autant !

L’église est aussi très investie au niveau social : nous avons visité le dispensaire, la maternité et l’hôpital en construction, financé, en partie par l’Italie. D’autre part, François est en train de construire une école primaire. Manifestement, l’accès à l’éducation n’est pas encore bien établi ; il y a bien quelques écoles publiques mais le suivi des enfants est très léger et le niveau, pas très bon.

Au Bénin, il y a encore beaucoup de choses à construire, mais la plupart du temps, la bonne volonté ne suffit pas lorsque les moyens viennent à manquer.

Edito du 6 mars, 9 TO 2011

Message du pape Benoît XVI pour le Carême (extraits)

Ensevelis avec le Christ lors du Baptême, vous en êtes aussi ressuscités avec lui

Chers Frères et Soeurs, le Carême, qui nous conduit à la célébration de la Pâques très Sainte, constitue pour l’Eglise un temps liturgique vraiment précieux et important… Dans l’attente de la rencontre définitive avec son Epoux lors de la Pâque éternelle, la Communauté ecclésiale intensifie son chemin de purification dans l’Esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur. Cette vie nous a déjà été transmise le jour de notre Baptême lorsque, devenus participants de la mort et de la résurrection du Christ, nous avons commencé l'aventure joyeuse et exaltante du disciple. Le fait que le Baptême soit reçu le plus souvent en bas-âge, nous indique clairement qu’il est un don de Dieu: Nul ne mérite la vie éternelle par ses propres forces. La miséricorde de Dieu, qui efface le péché et nous donne de vivre notre existence avec ‘les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus’ (Ph 2,5), est communiquée à l’homme gratuitement. Le Baptême n’est pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l’existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l’appelle à une conversion sincère, mue et soutenue par la Grâce, lui permettant ainsi de parvenir à la stature adulte du Christ. Dès ses origines, l’Eglise a uni la Veillée Pascale et la célébration du Baptême : dans ce sacrement s’accomplit le grand Mystère où l’homme meurt au péché, devient participant de la vie nouvelle dans le Christ ressuscité, et reçoit ce même Esprit de Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts (cf. Rm 8,11). Ce don gratuit doit être constamment ravivé en chacun de nous…

Par la pratique traditionnelle du jeûne, de l’aumône et de la prière, signes de notre volonté de conversion, le Carême nous apprend à vivre de façon toujours plus radicale l’amour du Christ. …en appauvrissant notre table, nous apprenons à vaincre notre égoïsme pour vivre la logique du don et de l’amour; en acceptant la privation de quelque chose -qui ne soit pas seulement du superflu-, nous apprenons à détourner notre regard de notre ‘moi’ pour découvrir Quelqu’un à côté de nous et reconnaître Dieu sur le visage de tant de nos frères. …l’Eglise, spécialement en temps de Carême, appelle à la pratique de l’aumône, c’est à dire au partage. La pratique de l’aumône nous ramène à la primauté de Dieu et à l’attention envers l’autre, elle nous fait découvrir à nouveau la bonté du Père et recevoir sa miséricorde. ..l’Eglise nous offre avec grande abondance la Parole de Dieu. En la méditant et en l’intériorisant pour l’incarner au quotidien, nous découvrons une forme de prière qui est précieuse et irremplaçable. En effet, l’écoute attentive de Dieu qui parle sans cesse à notre coeur, nourrit le chemin de foi que nous avons commencé le jour de notre Baptême. La prière nous permet également d’entrer dans une nouvelle perception du temps: Sans la perspective de l’éternité et de la transcendance le temps n’est qu’une cadence qui rythme nos pas vers un horizon sans avenir. En priant, au contraire, nous prenons du temps pour Dieu, pour découvrir que ses ‘paroles ne passeront pas’ (Mc 13,31), pour entrer en cette communion intime avec Lui ‘que personne ne pourra nous enlever’ (cf. Jn 16,22)...

En résumé, le parcours du Carême, où nous sommes invités à contempler le mystère de la Croix, consiste à nous rendre ‘conformes au Christ dans sa mort’ (Ph 3,10), pour opérer une profonde conversion de notre vie: nous laisser transformer par l’action de l’Esprit Saint, comme saint Paul sur le chemin de Damas; mener fermement notre existence selon la volonté de Dieu; nous libérer de notre égoïsme en dépassant l’instinct de domination des autres et en nous ouvrant à la charité du Christ. (Col 2, 12) C’est un temps favorable pour reconnaître notre fragilité, pour accueillir, à travers une sincère révision de vie, la Grâce rénovatrice du Sacrement de Pénitence et marcher résolument vers le Christ. Accueillons à nouveau la Grâce que Dieu nous a donnée au moment de notre Baptême, afin qu’elle illumine et guide toutes nos actions. En ce cheminement, nous nous confions à la Vierge Marie qui a enfanté le Verbe de Dieu dans sa foi et dans sa chair, pour nous plonger comme Elle dans la mort et la résurrection de son Fils Jésus et avoir la vie éternelle.

Edito du 27 février, 8 TO 2011

Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement

En 2011, le C.C.F.D.-Terre Solidaire fête ses 50 ans.

50 ans de combat au service du développement, à soutenir le travail inlassable de nos partenaires au service d’un monde plus juste. 50 ans d’engagement auprès de nos concitoyens pour leur faire prendre conscience des enjeux de la solidarité internationale, les inviter à s’engager. 50 ans d’espérance , de courage et de créativité. 50 ans durant lesquels les droits fondamentaux et la recherche de meilleurs modes de gouvernance auront été au centre de nos projets.

Après une première année, en 2008, axée sur le sens du développement «

les modes de développement en question» des pays riches et des pays pauvres, la relation entre croissance et progrès. RECEVOIR ET DONNER

Une deuxième année sur la responsabilité sociale et environnementale des acteurs économiques , entreprises, médias nous avait conduit vers un défi majeur, celui d’habiter différemment notre monde, notre manière de produire, consommer, construire, se déplacer.

LA JUSTICE COMME DIVIDENDE

Une troisième année Les richesses financières au service du développement. Le partage des richesses financières a retenu notre attention. Comment peut-on agir au quotidien dans sa consommation, son épargne, son entreprise. L’ARGENT AU SERVICE DE LA VIE

Et enfin cette année, ce sont les droits fondamentaux et la gouvernance qui retiennent notre attention. VERS UNE FRATERNITE UNIVERSELLE

«Je garde la fierté d’avoir collaboré avec les révoltés, ceux qui ont su, dans notre siècle, ‘être la voix des sans voix’, ceux qui ont bataillé sans répit, la main tendue vers les gisants pour qu’ils se mettent debout et marchent en hommes libres dans un monde où, enfin, la fière maxime de la Révolution ne s’inscrira plus seulement sur la pierre de nos monuments mais dans la chair des citoyens : Liberté, Egalité, Fraternité» Soeur Emmanuelle Confessions d’une religieuse.

Les Droits Fondamentaux, un peu d’histoire :

C’est officiellement ceux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948

Tous les Droits de l’Homme sont considérés comme fondamentaux.

En 1966, 192 Etats signent le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques :

* Droit à la vie * Interdiction de la torture et de l’esclavage

* Droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion

* Droit de réunion pacifique * Droit des minorités

En 2009, 134 Etats signent le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels :

* Droit à l’alimentation, au logement, au travail, à la santé, à l’éducation

Un protocole relatif à ce pacte a été adopté en 2008 par les Nations Unies,

il n’est toujours pas entré en vigueur, il faudrait qu’au moins 10 membres le ratifient...

Samedi 26 mars :

Grande fête des 50 ans du CCFD-Terre Solidaire à Marseille de 9h30 à 22h.

Table-ronde sur la solidarité internationale * Evénement de rue symbolique sur le Vieux Port

Forum associatif en divers lieux de la Canebière

Célébration Eucharistique à Saint Cannat * Soirée festive

Edito du 20 février, 7 TO 2011

Mardi prochain le thème de notre rencontre sur l’art et la foi porte sur « le mystère du mal dans le cinéma ».

Le cinéma est fasciné par la question du mal. Question qui répond aussi à un véritable engouement de la part du public. Depuis la tragédie grecque jusqu’à aujourd’hui, on n’a cessé de mettre en scène le mal sous toutes ses formes. Aristote trouvait dans cette représentation du mal, au moyen de la tragédie, une manière de nous purger l’âme de sentiments violents. « La tragédie est une imitation faite par des personnages en action et non par le moyen de la narration, et qui par l’entremise de la pitié et de la crainte, accomplit la purgation des émotions de ce genre ».

L’actualité semble nous démontrer le contraire pourtant. Le cinéma n’aurait pas d’effets purgatifs mais déclencheurs… Des études psychologiques ont révélé, en effet, que des meurtriers s’étaient inspirés de films, ou qu’ils auraient même trouvé dans tel ou tel film l’origine de leur motivation.

Parce qu’il est nécessaire de distinguer entre cinéma et théâtre antique : le sort des criminels a considérablement changé !

Si les meurtriers sont inflexiblement punis pour leur méfaits dans la tragédie grecque, on trouve toute sorte de circonstances atténuantes à nos criminels dans le cinéma d’aujourd’hui.

Ainsi ce personnage de Dexter, au hit parade des séries télévisées : impitoyable serial killer et héros magnanime qui s’en tire toujours à bon compte. Notre président avouait récemment aux journalistes qu’il aimait regarder les séries américaines en compagnie de son épouse. La série qu’il préférait : Dexter !

Si on érige les meurtriers en modèle, le cinéma perd sa vertu « catharsistique » au sens où Aristote l’entendait (de purgation de nos sentiments violents).

Alors qu’aurait pensé Sophocle de notre cinéma ?

Je pense qu’il en aurait été profondément choqué. Parce qu’on en vient à penser qu’on peut tout faire dans la mesure où nos intentions sont bonnes ! Mais il est important de le rappeler : le meurtre est en soi un acte intrinsèquement mauvais ! Peu importe les intentions, on ne doit sous aucun prétexte attenter à la vie d’autrui. Aujourd’hui malheureusement, la peine encourue pour ces actes diffère considérablement en fonction de l’intention du meurtrier et de sa victime, qu’il s’agisse d’un enfant embryonnaire, d’un adulte, d’un handicapé, d’une personne en fin de vie… on en vient à penser comme Dexter que le meurtre peut être une bonne chose dans certaines conditions !

« Le mal » est cette année le sujet de philosophie des étudiants scientifiques qui se préparent à passer le concours des grandes écoles. Parmi ces oeuvres il y a Macbeth de Shakespeare.

Shakespeare s’est interrogé sur le mystère du mal plus qu’aucun autre dramaturge. Pour lui, c’est bien d’un mystère qu’il s’agit parce qu’aucune raison ne justifie la folie de Macbeth ou les mensonges de Iago dans Othello. C’est de l’ordre du mystère…

Je vous invite donc à venir mardi soir à l’OEuvre de Jeunesse pour scruter ensemble cet « abime de noirceur » selon l’expression Shakespearienne et avoir un éclairage chrétien sur le mystère du mal.

Mardi 22 février, 19 bd Michelet, OEuvre de Jeunesse, 19h 30.

Père Julien

Edito du 13 février, 6 TO 2011

CE QUE TU N’AIMES PAS QUE L’ON TE FASSE…

«Ce principe de loi, nous le trouverons dans une des nombreuses recommandations du Livre du Deutéronome, dans l’Ancien Testament. Mais pas seulement !

Car dans cette petite phrase, nous tenons un principe moral (ou éthique) universel.

Quelle que soit la culture de part le monde, quelle que soit la religion à laquelle on est attaché, toutes les sociétés humaines ont produit ce principe de base du vivre ensemble : on le retrouvera sous des formes variables mais avec le même fond, disant invariablement la même chose : Ne pas faire aux autres ce que l‘on n‘aime pas que l‘on nous fasse.

C’est un principe social qui vise à la bonne entente entre les gens du moment qu’ils ont à partager un lieu de vie commun, des ressources communes et que la vie s’organise en s’appuyant les uns sur les autres.

C’est donc un principe en or, valable pour tout homme, sans exception, et universellement reconnu et appliqué. Un principe nécessaire au juste exercice de la liberté de chacun : une liberté qui ne peut pas et ne doit pas se vivre au détriment de la liberté des autres avec qui l‘on vit.

Dans l’Evangile de ce dimanche, nous entendrons Jésus Christ nous dire : « Vous avez entendu qu’il a été dit… Et moi je vous dis… »

Et Jésus de reprendre ainsi des principes de loi de l’Ancienne Alliance, quelques traits du décalogue, la loi donnée à Moïse, pour les réactualiser en y ajoutant sa touche personnelle, plus exigeante et plus humaine à la fois.

Dans le même ordre d’idée, dans son enseignement, Jésus reprendra le principe universel vu ci-dessus en le transformant ; cela deviendra :

«On peut noter ici la positivité de la phrase : on n’est plus sous le registre de la loi ou de l’obligation morale qui s’exprime sous le mode de la négation : « NE PAS ». On passe sous le registre de l’invitation. Ici notre liberté personnelle peut être utilisée non seulement pour ne pas nuire à l’autre mais, en plus elle peut devenir dynamique de rencontre, de service, dynamique d’amour…

Pourquoi Jésus Christ s’amuse-t-il ainsi à reprendre les principes de loi de l’ancienne Alliance ? Pour nous sortir du registre de la loi et nous permettre de vivre sous le registre de la grâce.

En effet, si la loi est nécessaire pour limiter les comportements qui risquent de heurter ou de blesser les autres, la grâce est nécessaire à l’épanouissement de l’homme.

Dans toute famille l’on reçoit des principes moraux, éducatifs – ce que certains appellent des valeurs – qui sont nécessaires à notre structuration d’être humain et à une bonne vie en société. Mais heureusement, dans nos familles on ne reçoit pas que cela : on reçoit aussi beaucoup d’amour et d’affection qui vont être nécessaires à notre bonheur et à notre épanouissement.

En reprenant les principes de la loi, Jésus nous invite d’emblée à nous placer sous ce dernier registre en considérant notre société comme une immense famille. C’est beaucoup plus exigeant, certes, mais telles sont les exigences de l’Amour et d’une liberté mise au service de l’Amour… St Augustin résumera cela en une phrase :

«Universel ? A chacun d’y répondre ! Ce que tu n’aimes pas que l’on te fasse, ne le fais pas aux autres ! » Ce que tu aimerais que l’on fasse pour toi, fais-le pour les autres ! » Aime et fais ce que tu veux ! » un autre beau principe où la liberté est guidée par l‘amour.

Laurent.

Edito du 6 février, 5 TO 2011

Aujourd’hui, nous acclamons le Christ comme Lumière des nations païennes, Lumière de nos coeurs, de nos consciences, de nos vies, de nos comportements, de nos désirs, de nos projets ! Lumière pour chacun de nous, Lumière pour notre Eglise diocésaine, Lumière du monde. Nous nous sommes levés tôt pour accueillir la Parole de Dieu, au Vieux-Port, le Christ, Parole de Dieu, et nous avons envie de crier ou de murmurer : « Seigneur, répands ta Lumière dans nos coeurs et dans le coeur des hommes de ce temps, ici et partout. Répands ta Lumière ! »

Nos oreilles sont pleines du cri des hommes qui souffrent, qui en ont assez, qui luttent, qui espèrent, ici et au loin : Tunisie, Egypte, Moyen et Proche-Orient, Sud-Soudan, Côte d’Ivoire, Haïti, chrétiens victimes de persécutions. Nous voyons aussi des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants, en quête de logement digne, en recherche de travail, en errances diverses. Nous n’avons pas oublié Maxence qui lutte pour la vie après avoir attenté à la sienne, ni ces morts de jeunes dans nos cités, victimes du mirage de l’argent facile, ni ces personnes âgées agressées dans nos rues. Oui, nous entendons le cri des hommes de ce temps ! Et beaucoup se disent, les plus pauvres, surtout : quand cela cessera-t-il ? Qui éclairera le coeur des hommes ? Qui changera le coeur insensible de ceux qui ne vivent que pour eux-mêmes, de ceux qui s’enrichissent pour eux -mêmes sans se poser de questions, de ceux qui tuent sans scrupules. Qui éclairera le coeur des hommes ? Qui les guérira de leurs aveuglements ?

Alors, ce matin, Seigneur, nous nous remettons à l’écoute de Syméon et d’Anne qui Te reconnaissent comme la Lumière du monde. Nous nous remettons à l’écoute de Notre-Dame de Confession, Marie, Mère de Jésus, qui dit aux serviteurs de la noce entre Dieu et les hommes : ‘Faites tout ce qu’Il vous dira !’ Et nous T’entendons nous dire : ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit, et tu aimeras ton prochain comme toi-même !’ ou encore : ‘Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent.’ ‘Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime’. ‘Vous êtes fils du même Père. Vous êtes tous frères’. ‘Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps’. ‘Je pars vous préparer une place.’

Nous rappelons ta mort et ta résurrection, ta vie donnée pour nous et pour la multitude, ton pardon imploré pour chacun. Nous contemplons ta victoire sur la haine, sur les peurs, sur le désir de se venger. Nous sommes saisis par ta beauté humaine : Tu es passé en faisant le bien, Tu n’as rien gardé pour toi, Tu ne t’es pas enrichi de biens matériels, mais Tu t’es enrichi d’amour partagé, de souffrances allégées, de confiance intime en ton Père, d’espérance invincible ! Tu as aimé tout homme comme un frère !

Seigneur, Tu t’es confié à nous, à l’Eglise, pour que, jusqu’à la fin des temps, nous Te proclamions comme la Lumière du monde, le chemin, la vérité et la vie, pour que, jusqu’à la fin des temps, nous criions en ton nom : ‘Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.’

Puisse ton Eglise qui est à Marseille laisser ta Lumière rayonner dans le coeur de chacun de ses fidèles, pour être, en ce temps qui est le nôtre, signe de ton amour unique pour chaque être humain et de ton désir maternel de nous voir nous aimer comme des frères.

Que Marie, invoquée ici comme Notre Dame de Confession, nous soit un modèle de fidélité et de confiance. Frères et Soeurs, Dieu nous aime. Il aime tous les hommes. Son amour est vainqueur de la mort ! Telle est notre lumière et notre inspiration. Qu’Il vous tienne dans la paix et fasse de nous des ouvriers de paix et de fraternité.

+ Georges PONTIER Archevêque de Marseille

Edito du 30 janvier, 4 TO 2011

CE QU’IL Y A DE FOU DANS LE MONDE…

Juste un petit mot sur cette magnifique conviction de l’Apôtre Paul que nous entendrons ce Dimanche dans la Deuxième lecture (au cas où vous n’auriez pas la possibilité d’assister à un office ce week-end, en voici un extrait) :

« Ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qu’il y a de faible dans le monde voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, ce qui est méprisé, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant le Seigneur ».

Bien souvent nous nous imaginons qu’il nous faut nous présenter parfaits devant le Seigneur. Selon la représentation de Dieu que l’on se fait, selon qu’il est plutôt autoritaire, sévère, juge impartial, nous vivons dans une certaine crainte de Dieu.

Par conséquent on s’imagine que Dieu n’agrée que nos bons côtés, nos bonnes actions et ne tolère pas ce qui est moins bon en nous, voire même, il pourrait se mettre en colère et nous corriger.

Dans ce cas, je comprends que l’on ait du mal à s’approcher de Dieu, ou à venir le prier. Dans ce cas je comprends que certains portent péniblement le fardeau de leur culpabilité sans pouvoir jamais s’en défaire, s’en libérer… Et c’est d’autant plus dramatique que cela vient d’une mauvaise connaissance de Dieu.

En la personne de Jésus-Christ, nous découvrons un Dieu qui est Amour, un Dieu qui ne vient pas pour juger ni pour condamner mais pour sauver tous les hommes !

Apparemment, Dieu nous aime tels que nous sommes : avec nos qualités, nos talents, nos bons côtés mais aussi avec nos faiblesses, nos limites, nos pauvretés.

Jésus manifestera un malin plaisir à aller justement à la rencontre de gens pécheurs, faibles, pauvres et malades et quand on l’interrogera sur cette pratique, il répondra : « Je suis venu non pas pour les justes mais pour les pécheurs » (Luc 5, 32). Ne rappellera-t-il pas d'ailleurs « qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Luc 15, 7).

A la lumière de ce comportement du Christ, de l’Envoyé de Dieu, nous devrions comprendre que nos faiblesses, nos péchés, nos pauvretés, nos mauvais côtés non seulement ne nous rendent pas indignes aux yeux de Dieu mais c’est justement le lieu de notre être où il veut nous rejoindre, nous visiter.

Par conséquent, si on attend d’être parfait pour se présenter devant Dieu, non seulement on risque fort de ne jamais faire la démarche mais, en plus, on passerait à côté de cette main que Dieu nous tend sans cesse pour nous sauver, nous libérer, nous pardonner... En bref : nous manifester son Amour.

De plus, si on entend bien ce que nous dit Paul ci-dessus, alors nous sommes bien forcés d’admettre que non seulement Dieu ne fait pas que nous tolérer tel que nous sommes (c’est-à-dire imparfaits) mais c’est tels que nous sommes qu’ils nous choisit, nous appelle, nous envoie. (L’auteur de ces quelques lignes est une des bonnes illustrations de cela).

Alors si tu es fou, si tu es faible, si tu es d’origine modeste, si tu es méprisé, si tu n’es rien

Paul nous rappelle ici où se situe la véritable Grandeur de Dieu : se reposer sur des hommes justement fous, faibles, etc… Pour manifester qu’aucun homme ne peut être hors de portée de son réjouis-toi car Dieu t’aime tel que tu es et te choisit pour confondre ce qui est sage, fort, quelque chose...

Edito du 23 janvier, 3 TO 2011

RENDRE VISIBLE L’INVISIBLE

Mardi prochain, je vous invite à réfléchir ensemble sur l’art et la foi, à partir d’oeuvres contemporaines.

Pour André Gence dont nous avions déjà parlé la dernière fois : « la contemplation esthétique (…) exige l’acte religieux de la foi. Il faut un acte de foi, il faut croire à l’Esprit créateur. Il faut croire que la transfiguration est possible aujourd’hui. » En effet, pour lui l’art est recherche du Beau. Or le Christ, dit-il, est « archétype de la beauté », il est cette beauté qui s’est rendue visible par l’incarnation, et qui ne demande qu’à être révélée par les talents de l’artiste.

De tout temps les artistes se sont interrogés sur leur art. Ils ont posé à leur génération de nouvelles questions (souvent d’ordres formelles) pour repousser les limites de leur art.

Comment par exemple rendre compte de la profondeur : ce fut l’invention de la perspective, avec Masaccio notamment en 1425 au tout début de la Renaissance Italienne.

Comment construire une scène autrement que par des lignes de construction ? Ce fut la découverte du "clair obscur". Le Caravage, aux alentours, de 1600 en maitrisa parfaitement la technique.

Les visages des oeuvres du début de la Renaissance, le quattrocento, ont un quelque chose de figé et de dur. Les personnages ressemblent plus à des statues qu’à des vivants. Leonard de Vinci trouva la solution : des couleurs adoucies, un contour moins net : le sfumato. (comme dans sa célèbre Mona Lisa).

Comment rendre compte de l’instant, du mouvement, comment saisir un instant fugitif en donnant l’idée de l’ensemble plus que du détail. Edouard Manet et beaucoup d’autres (les impressionnistes) trouvèrent la solution.

Pour Cézanne ce problème nouveau qui se posait : la recherche impressionniste de l’instant fugitif faisait négliger le solide et le durable des formes de la nature. On avait perdu le sens de l’ordre et de la nature. Cézanne rechercha la lumière de la Provence (vers 1885) et s’attela à ce nouveau défi.

Autre problème soulevé par Vincent Van Gogh dans les mêmes années : en se focalisant sur ce qui apparaît, sur l’impression visuelle, on passait à côté du rendu des émotions, et de l’intensité passionnée de l’artiste. Il devint le père de "l’expressionnisme".

Gauguin était profondément insatisfait des artifices de la vie et de l’art de l’occident. Il voulait quelque chose d’infiniment plus simple. Il lança tous les courants dits « primitifs. »

Ces trois derniers sont à l’origine de l’art moderne (le cubisme, l’expressionnisme et toutes les formes de primitivisme que le XXIème siècle a connu).

Mais les artistes allèrent plus loin encore : Piet Mondrian, Kandinsky et Klee dans les année 20 voulurent retrouver les réalités immuables derrières les formes changeantes de l’apparence subjective.

C’est dans cette continuité qu’André Gence va réfléchir à l’expression du sacré. Son but comme celui de ces illustres prédécesseurs dont nous venons de citer les noms : rendre visible l’invisible. Rendre évident la présence de Dieu. C’est en tant que prêtre et artiste qu’il a travaillé sur cette question. Il n’explique pas, il donne à voir. Ce n’est pas une théologie qu’il propose mais comme il le dit lui-même une "théopoétique". L’Eglise s’interroge sur la transmission de la foi plus que jamais. Il y a dans l’oeuvre de Gence des "lumières" à redécouvrir !

Julien

Edito du 16 janvier, 2 TO 2011

Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte gagnait tout le monde : beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les apôtres. Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en communion. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité de coeur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut. Actes des Apôtres 2, 42-47

Le thème proposé cette année à notre méditation par les Églises à Jérusalem invite les chrétiens du monde entier à consacrer un temps de réflexion à leurs relations avec l’Église mère de Jérusalem, afin de pouvoir porter un regard nouveau sur leur propre situation. C’est à partir de cette communauté de Jérusalem que sont nées toutes les autres communautés. La communauté terrestre de Jérusalem préfigure la Jérusalem céleste où tous les peuples seront rassemblés autour du trône de l’Agneau pour louer et adorer Dieu éternellement.

Les Églises de Jérusalem nous demandent de nous souvenir d’elles dans la précarité de leur situation et de prier pour une justice qui permette la paix en Terre Sainte. La communauté actuelle connaît bien des joies et souffrances qui furent celles de l’Église primitive : ses injustices et inégalités, ses divisions, mais aussi sa fidèle persévérance et sa prise en compte d’une unité plus grande entre les chrétiens. Les Églises à Jérusalem nous font actuellement entrevoir ce que signifie lutter pour l’unité, y compris dans de grandes difficultés. Elles nous montrent que l’appel à l’unité peut aller bien au-delà des mots et nous orienter vraiment vers un avenir qui nous fasse anticiper la Jérusalem céleste et contribuer à sa construction. Il faut du réalisme pour que cette idée devienne réalité. La responsabilité de nos divisions nous incombe ; elles résultent de nos propres actes. Il nous faut transformer notre prière, et demander à Dieu de nous transformer nous -mêmes afin que nous puissions travailler activement à l’unité. Nous sommes volontiers prêts à prier pour l’unité, mais cela peut nous éviter d’agir pour qu’elle advienne. Se peut-il que nous entravions nous-mêmes l’Esprit Saint en faisant obstacle à l’unité ; que notre propre orgueil empêche l’unité ? Les chrétiens à Jérusalem appellent leurs frères et soeurs à faire de cette semaine de prière l’occasion de renouveler leur engagement à travailler pour un véritable oecuménisme, enraciné dans l’expérience de l’Église primitive.

plus d’infos, pour chaque jour sur oikoumene.org

Lorsque nous prions ensemble dans la diversité de nos traditions, toi le Saint ; toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Lorsque nous lisons la Bible ensemble dans la diversité de nos langues et de nos contextes de vie, toi qui te révèles ; toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Lorsque nous établissons des relations amicales entre juifs, chrétiens et musulmans, lorsque nous abattons les murs d’indifférence et de haine ; toi le miséricordieux, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Lorsque nous travaillons pour la justice et la solidarité, lorsque nous passons de la crainte à la confiance, toi qui fortifies ; toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Partout où l’on souffre de la guerre et de la violence, de l’injustice et des inégalités, de la maladie et des préjugés, de la pauvreté et du désespoir, en nous attirant vers la croix du Christ et les uns vers les autres, toi qui fus blessé ; toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Avec les chrétiens de Terre Sainte, nous témoignons nous aussi de la naissance de Jésus Christ à Bethléem, de son ministère en Galilée, de sa mort et de sa résurrection, et de la venue de l’Esprit Saint à Jérusalem ; lorsque nous implorons la paix et la justice pour tous, dans la sûre et ferme espérance en la venue de ton règne ; toi le Dieu Trinité, toi qui nous unis, rends visible notre unité et donne au monde la guérison.

Edito du 9 janvier, 1 TO 2011

Après la Messe en la Basilique vaticane, le 1 er janvier 2011, Benoît XVI a récité le traditionnel angélus depuis la fenêtre de son bureau, il est revenu sur son message pour la Journée mondiale de la paix, qui «souligne combien les grandes religions peuvent être de puissants facteurs d'unité et de paix pour la famille humaine ». Evoquant le 25ème anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix, organisée par son prédécesseur, il a annoncé qu'il se rendrait en pèlerinage à Assise en octobre, et invité «les chrétiens des diverses confessions comme les représentants des autres religions du monde, et plus largement tous les hommes de bonne volonté, à commémorer l'évènement voulu par Jean-Paul II, et à renouveler solennellement l'engagement pris par les croyants de vivre leur foi comme un service rendu à la cause de la paix. Qui croit en Dieu ne peut qu'être pacifique, qui bâtit la paix ne peut que s'approcher de Dieu. Je vous invite tous dès maintenant à accompagner cette initiative de vos prières».

Le Décalogue d'Assise pour la Paix (24 janvier 2002)

1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s’opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l’estime mutuels, afin que l’on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d’ethnies, de cultures et de religions différentes.

3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d’une paix authentique.

4. Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

5. Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.

6. Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l’effort commun pour vaincre l’égoïsme et l’abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n’est pas une paix véritable.

7. Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l’abandon, nous faisant la voix des sans-voix et oeuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

8. Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l’humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

9. Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l’amitié entre les peuples, convaincus que, s’il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.

10. Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.

Edito du 19 décembre 2010, 4ième dimanche de l'Avent

DIEU AVEC NOUS !

Ce Dimanche, dernier dimanche de l’Avent avant la fête de Noël, nous sera révélé dans les textes (dans prophétie d’Isaïe en première lecture et dans l’annonce de l’ange à Joseph en évangile) le nom de Celui qui vient non pas pour juger le monde mais pour que, par lui, le monde soit sauvé : Emmanuel qui signifie : Dieu-avec-nous.

Nous le savons, dans la tradition biblique, le nom est très important puisque, en plus de renseigner sur l’identité de la personne, le nom renseigne aussi sur la mission de celui qui le reçoit.

On comprend alors la future mission de Jésus-Emmanuel : rendre encore plus présent le Seigneur Dieu au milieu des hommes. Cette mission il va la remplir en naissant comme nous, au milieu de nous, en prenant le chemin de notre humanité pour l’ennoblir de sa divinité.

Cette mission, il va la remplir par l’annonce de la Bonne Nouvelle : pas par des blabla inutiles ou des discours philosophiques stériles mais par une Parole efficace accompagnée des signes qui attestent la pertinence de cette Bonne Nouvelle : les boiteux marchent, les aveugles voient, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés, etc… Dieu est réellement avec ceux qui fréquentent Jésus Christ, vivent ces événements ou en sont les témoins.

Mais là où toute la puissance, toute la pertinence de cette Bonne Nouvelle va éclater au grand jour c’est lorsque, après sa mort sur la croix, Jésus va ressusciter : l’Emmanuel manifeste alors combien Dieu est avec nous au plus fort de nos épreuves, de nos difficultés, de notre mort... Et il est encore là, là où tout semble fini, terminé, réduit à néant, Dieu est capable de faire renaître la vie : ne l’oublions pas, rien n’est impossible au Dieu Créateur de toute choses...

Dieu est avec nous : cette mission, Jésus la poursuit aujourd’hui, c’est la parole qu’il donne à ses disciples, après la Résurrection et avant de retourner vers son Père : « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin des temps ». Aujourd’hui encore le Christ Jésus Emmanuel n’a de cesse de rendre Dieu présent au coeur des hommes, au coeur de nos vies.

Fidèle à sa promesse, il nous offre ce compagnonnage en marchant à nos côtés sur les chemins de nos vies, comme aux côtés des pèlerins d’Emmaüs, quelques jours après la Résurrection… Et pourtant, comme pour ces pèlerins, peut-être ne nous est-il pas donné de le reconnaître.

Si Dieu est partout présent, si l’Emmanuel est toujours avec nous, comment se fait-il que nous soyons si souvent ailleurs ?

Nos vies sont parfois telles que nous ne sommes pas toujours attentifs à cette présence de Dieu discrète mais pourtant bien réelle à nos côtés. Les textes de ce Dimanche et cette fête de Noël : l’Incarnation, la naissance de Dieu parmi les hommes nous sensibilise à nouveau à cette mission que Jésus vient accomplir parmi nous : rendre Dieu présent dans le quotidien de nos vies y compris dans ce qu’elles ont de plus banal. Mais la mission de Jésus Emmanuel est double : nous rendre disponibles aussi à Dieu, être attentifs à Lui et savoir accueillir sa présence en répondant à sa démarche par notre foi.

Car si Dieu est avec nous, pour que la relation existe, pour qu’elle soit pleine et entière, pour qu’elle soit féconde et salutaire, il restera toujours une part à combler : celle de la réciprocité nécessaire à toute relation, cette part nous appartient et il n‘y a que nous qui pourrons la combler… C‘est la part du : Nous-avec-Dieu ! Laurent.

Edito du 12 décembre 2010, 3ième dimanche de l'Avent

Notre prochaine rencontre autour de l’art et de la foi nous fera faire un bon dans le temps. Nous passons des représentations figuratives de Dieu Trinité dans l’art occidental du XVème siècle à l’art religieux non figuratif contemporain. L’occasion de rendre hommage au Père Gence pour qui la peinture était une mise en oeuvre de la parole de saint Jean : "La lumière a lui dans les ténèbres" ». Pour André Gence, prêtre de la Mission de France, peindre était une manière de prière. « Je deviens créateur avec le Créateur », aimait à dire cet artiste, décédé en 2009 à l’âge de 91 ans.

Il voit le jour – la lumière – à Marseille en 1918. Jeune adulte, il est bouleversé par l’expérience de la guerre pendant laquelle il combat à la tête d’un corps franc, avant de travailler comme chef de cabinet du préfet des Bouches-du-Rhône, puis de démissionner en 1943. Ce tournant décide de sa vocation de prêtre et de son engagement viscéralement pacifiste, notamment contre la guerre d’Algérie. Ordonné en 1948, il rejoint la Mission de France à Saint-Michel de Marseille où il est nommé vicaire, auprès du P. Georges Mollard. Leur militantisme au sein du Mouvement pour la Paix irritant l’évêque, le P. Gence doit quitter cette ville pour Paris, et devient aumônier à l’hôpital Cochin. C’est à cette époque qu’il se remet à peindre, se souvenant des leçons reçues dans sa jeunesse d’un oncle, professeur aux Beaux-Arts de Marseille. Aumônier du mouvement « Vie Nouvelle » à partir de 1962, il choisit en 1965 de se consacrer entièrement à l’art, persuadé que « témoigner de la beauté est une des missions de l’Église ».

Ses compositions abstraites, dans une palette où dominaient les gris, s’offraient comme des apparitions : un « îlot de carrés, ou de rectangles, exondé, affleurant sur le silence » du fond. Mais derrière ce monde un peu minéral, se levait toujours une secrète lumière, une illumination subtile rayonnante comme le Mystère. Reconnu en France et à l’étranger, le P. André Gence avait réalisé de nombreuses peintures pour des bâtiments publics ou des églises, ainsi que des vitraux (à Marseille, à Bobigny…) et du mobilier liturgique comme l’autel de l’église Saint-Germaindes-Prés à Paris.

Rendez-vous à l’oeuvre de Jeunesse, mardi 25 janvier, 19h 30, pour une réflexion sur l’art et la foi dans le prolongement des fêtes de Noël. « Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». Il s’est donné à voir, à contempler, à représenter dans le jaillissement des formes et des couleurs de l’artiste…

Julien

Edito du 5 décembre 2010, 2ième dimanche de l'Avent

En ces temps de préparation à Noël, chacun de nous peut se demander: Qu'est-ce que j'attends?... Et cette même question peut se poser au niveau familial, communautaire ou national. Qu'espérons-nous ensemble? Qu'est-ce qui unit nos aspirations, qu'est-ce qui les rapprochent?

A l'époque précédant la naissance de Jésus, l'attente du Messie était très forte en Israël...de celui qui aurait finalement libéré le peuple de tout esclavage moral et politique et instauré le Royaume de Dieu. Mais personne n'aurait imaginé que le Messie puisse naître d'une jeune fille humble comme Marie, épouse promise au juste Joseph. Même elle, ne l'aurait jamais pensé, et pourtant, dans son coeur, l'attente du Sauveur était si grande, sa foi et son espérance étaient si ardentes, qu'il put trouver en elle une digne mère... Il y a une mystérieuse correspondance entre l'attente de Dieu et celle de Marie, créature pleine de grâce, totalement transparente au dessein d'amour du Très-Haut. Apprenons d'elle, femme de l'Avent, à vivre les gestes quotidiens avec un esprit nouveau, avec le sentiment d'une profonde attente que seule, la venue de Dieu peut combler".

attente est une dimension qui traverse toute notre existence personnelle, familiale et sociale. L'attente est présente dans mille situations, des plus petites et banales aux plus importantes: parmi elles, l'attente d'un enfant pour des époux, celle d'un parent ou d'un ami qui vient de loin pour nous voir..., l'attente de la réussite d'un examen décisif..., et dans les relations affectives, l'attente de la rencontre avec la personne aimée... On pourrait dire que l'homme est vivant tant qu'il attend, tant que l'espérance est vivante dans son coeur. Et l'homme se reconnaît à ses attentes: notre stature morale et spirituelle peut se mesurer à ce que nous attendons.

Benoit XVI, dimanche dernier

Edito du 29 novembre 2010, premier dimanche de l'Avent

Comme chaque année, ce samedi soir,une célébration oecuménique à St Jean.

ensemble dans la maison de Dieu’ temps de prières communs mais aussi ce que nous sommes invités à mieux vivre tout au long de l’année… c’est le but de la ‘maison’ qui est donnée à chaque communauté dans ce temps de l’Avent. Ainsi, chaque dimanche, en ouvrant une fenêtre, nous découvrirons ce que fait une de nos 4 communautés chrétiennes pour vivre et annoncer l’Evangile, appel à prier pour les actions des autres et pourquoi pas à en décider des communes à réaliser ensemble. Comment oublier que ‘demeurer ensemble dans la maison de Dieu’ veut s’appliquer non seulement aux chrétiens mais aussi à toute la communauté des hommes ? Dans ce temps de l’Avent, qui nous est donné pour tourner notre coeur vers la venue du Christ, nous nous préparons à l’accueillir comme le Fils qui vient dans le monde (Noël) mais aussi comme celui qui vient dans la gloire manifester son Royaume. Que ce temps de l’Avent nous aide non seulement à nous réjouir de la visite de Dieu dans notre monde mais aussi contribuer pour notre part à la construction d’un monde où chacun à sa place, où chacun trouve maison et famille, où chacun peut goûter quelque chose de l’amour dont Dieu veut combler l’humanité.

Cette célébration d’entrée en Avent est comme une méditation sur ‘la maison’ dans les Ecritures ; chacun, nous pouvons choisir l’un ou l’autre de ces textes pour trouver comment profiter de ce temps de l’Avent, pour programmer une action précise, pour orienter notre prière…

C’est d’abord l’image de la maison bâtie sur le rocher (Mathieu 7, 24-29) et qui résiste à la tempête. vraiment important dans notre vie à sa lumière, voir les tempêtes de notre existence comme bien moins puissantes que notre attachement à lui, vivre notre vie en nous engageant vraiment…

nous entrons dans le temps de l’Avent par Cette année, elle a pour thème ‘demeurer, c’est de fait ce que nous faisons dans ces Bâtir notre vie sur le Christ, fonder en lui nos liens avec les autres, comprendre ce qui est puis la rencontre de Jésus avec Zachée (Luc 19, 1-10) où le Seigneur s’invite chez Zachée. Notre maison est celle aussi qui reçoit le Christ et son salut, accueillons donc la joie de Zachée comme nôtre. Accueillir Jésus dans sa maison, c’est changer ; que fais-je changer dans ma manière de vivre ? Comme celle de Zachée, ma maison est un lieu pour donner, pour échanger des dons… mais aussi le livre de l’Exode (20, 1.2.17) :

Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage…. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient.»

Dieu prononça toutes les paroles que voici : «Je suis le ainsi que cette Maison construite de pierres vivantes comme le dit St Pierre (1 P 2, 4-6) : Approchez-vous du Seigneur : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu'il en connaît la valeur. Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus.

et bien sûr le Psaume 132

unis ! On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée de l'Hermon qui descend sur les collines de Sion. C'est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours

Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être.

Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être.

Edito du 17 octobre, 29 TO 2010

Ce Dimanche, nous entendrons, dans la deuxième lecture, les recommandations de

Et nous qui sommes les « hommes et femmes de Dieu l’Apôtre Paul à Timothée : il invite ce dernier à baser sa vie sur la Parole de Dieu. « Tous les textes de l’Écriture sont inspirés par Dieu, celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice, grâce à elle, l’homme de Dieu sera bien armé […] » » d’aujourd’hui, comment vivons-nous notre rapport à l’Écriture ?

Prenons-nous le temps, régulièrement, de nous immerger dans la lecture attentive et amoureuse des textes fondateurs de notre foi chrétienne ? Prenons-nous le temps de nous laisser pénétrer de sa sagesse, de la laisser façonner notre vie ? De la laisser nous guider et nous éclairer ?

C’est l’Esprit de Dieu qui a formé et façonné cette Parole de Dieu dans le coeur des hommes qui l’ont annoncée et qui ont pris la peine de l’écrire pour nous la rendre accessible. C’est ce même Esprit de Dieu qui nous est donné lorsque nous lisons cette Parole.

C’est le même Esprit qui peut nous donner de percevoir, à la lecture de l’Écriture, une Parole de Dieu qui nous est adressée personnellement, aujourd’hui !

Dieu parle à travers l’Écriture et il nous revient de prendre le temps de lire cette Écriture pour nous mettre à l’écoute de ce que Dieu veut nous dire.

Pour nous aider à cela, il est bon de rappeler que cette Parole de Dieu est lue et commentée (par le biais de l’homélie) à chaque célébration : Messe, Baptême, Mariage, Obsèques, Bénédictions, …

Sur La Ciotat, un groupe biblique se réunit, régulièrement, pour travailler, plus

Et puis bien sûr, la Bible reste un livre en vente libre que tout le monde peut se

Jusqu’ici, nous nous sommes concentrés sur l’écoute et la réception de cette Parole de particulièrement sur l’Évangile de Jean cette année, et ainsi découvrir toute la richesse de la Parole de Dieu. procurer aujourd’hui, on peut ainsi la lire, tranquillement, à la maison. Dieu mais si nous voulons être fidèles aux recommandations de Paul à Timothée (et à nous aussi au passage) alors il nous faut aborder le deuxième temps : celui de l’annonce.

« Je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son Règne : Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps , dénonce le mal, fais des reproches, encourage mais avec une grande patience et le soucis d’instruire ».

Certes, c’est un peu « le métier » de vos prêtres de s’occuper de la Proclamation de la Parole, mais pas exclusivement : certaines personnes, à La Ciotat et à Ceyreste prennent leur part à cette tâche : animatrices d’aumônerie, catéchistes, accompagnateurs au catéchuménat, dans le cadre du service évangélique des malades, etc… Ici, l’annonce se fait dans le cadre d’un service auprès des jeunes, des enfants, des adultes demandant un sacrement, des malades... Mais quand prenons-nous le temps de l’annoncer gratuitement cette Parole : en dehors des services, en dehors des célébration liturgiques ?

A temps et à contretemps précise Paul ! Certes il n’est pas facile dans notre société actuelle de s’afficher comme chrétiens, et j’imagine qu’il est encore plus dur d’être porteurs de cette Parole mais deux choses encore : il ne faudrait pas que cette annonce devienne l’apanage de certaines sectes et mouvements fondamentalistes. Et enfin, si nous rougissons de notre appartenance au Christ devant les hommes, n’oublions jamais que Lui rougira de nous devant le Père.

Que l’Esprit qui a parlé par les prophètes nous donne encore aujourd’hui la grâce d’être heureux et fiers d’être aimés de Dieu qui est Père pour nous et qu’il nous donne aussi la force et le courage d’être porteurs, annonciateurs de sa Parole, dans notre monde, quel qu’en soit le prix… Telle est la double responsabilité des familiers de l’Écriture : recevoir et donner…

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement ! ».

Laurent.

Edito 28 TO 2010

Il y a quelques dimanche, des pharisiens se posaient une question intéressante à propos de Jésus : « Pourquoi Jésus mange-t-il avec les pécheurs, et leur fait il bon accueil ? ».

Luc répondait à ses détracteurs par 3 paraboles, les célèbres paraboles de la miséricorde. Et n’allez pas croire que Jésus aime manger avec eux parce que la cuisine est meilleure, le vin plus abondant ! Des pharisiens le croiront puisqu’ils vont dire de lui : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! »

1. Jésus mange avec les pécheurs parce que c’est sa joie à Jésus de venir chercher celui qui s’est perdu. Il aime être avec les pécheurs, pour les voir revenir vers le Père. Jésus aime les pécheurs, pas les péchés !

Dans la première parabole, Jésus se compare au bon pasteur, qui prend soin de ses brebis, de toutes sans exception, et en particulier, de celle qui se perd. Et il se réjouit de la retrouver.

« Réjouissez vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue… ». Il remue ciel et terre pour ramener celui qui s’est perdu. Joie de Jésus, révélation de la joie de Dieu, devant le retour du pécheur !

2. Jésus aime la compagnie des pécheurs parce que malgré leurs péchés, ils restent infiniment précieux aux yeux de Dieu. Et s’éloigner de Dieu, revient à le priver de quelque chose qui lui est cher, comme ces pièces d’argent que la ménagère de la parabole a perdues ! Révélation du sens du péché, du point de vue de Dieu.

3. Jésus aime l’humanité, mais il nous révèle que le drame c’est de ne pas se reconnaître pécheur. Jésus ne peut rien pour les prétendus « justes », seulement pour les pécheurs et ceux qui se reconnaissent comme tel !

La troisième question complète la réponse de Jésus sur cette question des pharisiens : « mais pourquoi passes tu autant de temps avec les pécheurs » ?

- Facile pour Dieu de convertir un pécheur, il revient de lui-même, après avoir compris que son chemin menait à une impasse, comme le fils prodigue. Le ventre vide, au milieu des cochons, il est devenu évident,

- Mais le retour du fils prodigue, la générosité de père à son égard, va révéler que le fils ainé, le « juste », était finalement tout aussi éloigné de Dieu.

-

- Le fils aîné est en effet loin de Dieu. même pour lui, qu’il a fait fausse route, en demandant son autonomie par rapport à son père. Mais toute la difficulté réside dans la conversion « du juste » ! Et par « juste » j’entends celui qui mène une vie droite, se gardant de commettre le mal, fidèle à sa propre conscience, comme les pharisiens pouvaient l’être, grâce à la Loi. C’est l’extraordinaire prouesse de Dieu, d’être capable de ramener vers lui le « juste » comme le « pécheur ».

Edito du 26 septembre, 26 TO

Extraits du discours de Benoit XVI le 18 septembre à Hyde Park

pendant la veillée de prière préparatoire à la béatification du Cardinal Newman

Selon son propre récit, Newman fait remonter l'évolution de sa vie à une forte expérience de

La vie de Newman nous enseigne aussi que la passion pour la vérité, l'honnêteté intellectuelle et la conversion authentique ont un prix élevé. Nous ne pouvons garder pour nous-mêmes la vérité qui rend libres. Elle exige le témoignage, elle demande à être entendue, et finalement sa force de conviction vient d'elle-même et non pas de l'éloquence humaine ni des arguments formulés... De nos jours, le prix à payer pour la fidélité à l'Evangile n'est plus la condamnation à mort par pendaison ou par écartèlement, mais souvent d'être exclus, ridiculisés ou caricaturés. Et cependant, l'Eglise ne peut renoncer à sa tâche, qui est de proclamer le Christ et son Evangile comme vérité salvifique, source de notre bonheur individuel ultime et fondement d'une société juste et humaine. conversion qu'il a faite quand il était jeune homme... A la fin de sa vie, il a pu décrire l'oeuvre de sa vie comme une lutte contre la tendance croissante, qui se répandait alors, à considérer la religion comme une affaire purement privée et subjective, comme une question d'opinion personnelle. C'est la première leçon que nous pouvons tirer de sa vie. De nos jours, là où un relativisme intellectuel et moral menace de saper les fondements mêmes de notre société, Newman nous rappelle que, en tant qu'hommes et femmes créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes faits pour connaître la vérité, pour trouver dans cette vérité notre ultime liberté et l'accomplissement de nos aspirations humaines les plus profondes. En un mot, nous avons été destinés à connaître le Christ, qui est lui-même la Voie, la vérité, et la vie".

Finalement, Newman nous enseigne que, si nous avons accepté la vérité du Christ et lui

Le profond réalisme chrétien de Newman est le lieu où la foi et la vie se rencontrent inévitablement... Pour qui regarde avec réalisme notre monde d'aujourd'hui, il est manifeste que les chrétiens ne peuvent plus se permettre de mener leurs affaires comme avant. Ils ne peuvent ignorer la profonde crise de la foi qui a ébranlé notre société, ni même être sûrs que le patrimoine des valeurs transmises par des siècles de chrétienté, va continuer d'inspirer et de modeler l'avenir de notre société. Nous savons qu'en des temps de crise et de bouleversement, Dieu a suscité de grands saints et prophètes pour le renouveau de l'Eglise et de la société chrétienne. Nous comptons sur sa Providence et nous prions pour qu'il continue de nous guider. Mais chacun de nous, selon avons donné notre vie, il ne peut y avoir de différence entre ce que nous croyons et notre manière de vivre. Toutes nos pensées, nos paroles et nos actions doivent être pour la gloire de Dieu et pour l'avènement de son Royaume. Newman a compris cela et il a été le grand défenseur de la mission prophétique des laïcs chrétiens. Il a vu clairement qu'il ne s'agissait pas tant d'accepter la vérité par un acte purement intellectuel que de l'embrasser dans une dynamique spirituelle qui pénètre jusqu'au coeur de notre être… La douce lumière de la foi nous amène à comprendre la vérité sur nous-mêmes, sur notre dignité d'enfants de Dieu, et sur la destinée sublime qui nous attend au ciel... Sans vie de prière, sans une transformation intérieure, fruit de la grâce des sacrements, nous ne pouvons, selon Newman, irradier le Christ. son propre état de vie, est appelé à oeuvrer pour l'avènement du Royaume de Dieu en imprégnant la vie temporelle des valeurs de l'Evangile. Chacun de nous a une mission, chacun de nous est appelé à changer le monde, à travailler pour une culture de la vie, une culture façonnée par l'amour et le respect de la dignité de toute personne humaine.

Edito du 5 septembre, 23 TO

La vie chrétienne est sur le registre de l'appel.

La place que nous occupons, dans l'Eglise, n'est pas une place que l'on s'est donnée. Prêtre, homme ou femme mariés, parent chrétien... responsable d'un groupe de catéchisme, de jeunes, impliqué dans la pastorale de la paroisse...

Vous avez été appelés à vivre cela ! Il y a eu une parole d'Eglise qui vous appelait à cette mission et vous y avez répondu favorablement. Cela est vrai pour le mariage, le sacerdoce et pour toutes sortes de missions reçues dans le cadre de l'Eglise. La vie chrétienne est sur le registre de l'appel.

C'est le sens même du mot « Eglise ». Qahal en hébreu c'est le verbe appeler, convoquer. Ce qui a donné Ecclesia en grec. Comme souvent, le latin traduit et trahit. On a perdu l'origine hébraïque du mot « Eglise » qui signifie : « celle qui a été appelée ».

Jésus a cette réflexion sur l'appel au cours d'un repas. Il est invité chez un chef des pharisiens, un jour de Sabbat. Il regarde les convives prendre place. Comme les places ne sont pas attribuées, il n'y a pas de plan de table parce que c'est peut être un repas improvisé, e t les invités doivent se placer, ou au centre, près du maître de maison, (et près de Jésus l'invité d'honneur) ou plus en retrait.

Quand les places ne sont pas attribuées, les invités ont la tache redoutable de devoir choisir leur place, au risque de prendre une place qui était destinée à quelqu'un de plus important aux yeux du maître, et de s'entendre dire devant tout le monde : excusez moi mais cette place est pour quelqu'un d'autre.

Avec le risque aussi de choisir la dernière place et d'attendre en vain que le maître s'approche pour vous inviter à prendre une meilleure place. « mon ami, avance plus haut ».

Si vous avez déjà organisé un grand repas, un repas de noces par exemple... vous avez pris garde d'éviter à vos convives cet em barras et vous avez fait un tableau avec le nom et la place de tous vos invités.

Alors me direz-vous, dans le cas où il n'y a pas de plan de table « il vaut mieux attendre son tour, attendre que le maître vous place, plutôt que de choisir la meilleure place ou même de choisir la dernière, parce qu'il y a peut être aussi de la fausse humilité à choisir toujours la dernière place, est ce que ce n'est pas pour s'entendre dire cette parole rassurante devant tout le monde : « vas y avance, prends donc une meilleure place ».

La véritable humilité ce n'est pas de se mettre en avant, ce n'est pas non plus de rester en retrait, c'est d'occuper la place qui est la nôtre ! Et cette place si difficile à connaître, parce que nous savons à peine qui nous sommes, cette place, elle se reçoit, elle se reçoit d' un autre, de Dieu et l'Eglise se charge de s'en faire l'écho.

Parce que si nous ne sommes pas à notre place, si nous jouons un rôle, dans la société, dans notre propre famille, on aura be au faire ... on sera toujours en décalage par rapport à nous mêmes, et on ne connaîtra jamais le bonheur.

Tous nous avons notre place dans le Royaume de Dieu, celle qui nous convient parfaitement parce que nous sommes tous appelés à la sainteté, et à partager la gloire de Dieu ! Cette place, notre place, a été prévue d'avance par Dieu, de toute éternité, lui le maître des no ces. Elle nous est réservée depuis toujours (à cause de la prescience de Dieu, qui sait quel usage nous ferons de notre liberté et comment nous répondrons à son appel).

Si seulement nous pouvions le comprendre ! Et comprendre que nos engagements fondamentaux sont la réponse à un appel. Alors on ne s'engagerait pas à la légère, les couples feraient de vraies fiançailles, ils prendraient le temps et les moyens de discerner avant que les événements ne le fassent pour eux. Alors on demanderait conseil, avant de choisir un travail, on prendrait du temps pour prie r et pour écouter la volonté de Dieu. Les grandes décisions seraient mûrement réfléchies sous le regard de Dieu...

Bref on serait plus en harmonie avec Dieu et avec nous mêmes.

Parce que si nous concevons nos engagements et toute notre vie comme la réponse à un appel alors nous sommes solides. Le poid s des épreuves ne reposent plus sur nous-mêmes mais sur Dieu qui nous a appelés et qui nous donne aussi l'assurance que nous aurons les grâces pour les surmonter !

La vie chrétienne est sur le registre de l'appel.

Julien Fleury

Edito du 8 août, 19 TO

LE RAPPORT AU TEMPS...

« Ce n'est pas la montre qui donne l'heure, c'est l'usure du bracelet ».

J'avoue que la première fois que j'ai entendu cette phrase (j'avais entre 18 et 20 ans), je l'ai trouvée tellement absurde que j'en ai rigolé, croyant que c'était une blague...

Non seulement ce n'était pas une blague mais c'était même un sujet de philosophie qu'un de mes amis avait eu au bac !

Depuis j'ai eu le temps de réfléchir à cette affirmation et plus j'y réfléchis, plus je la trouve pertinente.

Cette petite phrase est une métaphore sur le temps qui passe, celui qui nous marque, celui qui nous voit vieillir, celui qui voit nos familles s'agrandir, celui qui nous fait voir des êtres chers nous quitter, ce temps dans lequel nos vies s‘inscrivent, lentement mais sûrement.

L'heure, c'est-à-dire le temps mesuré par la montre, n'est qu'une donnée relative du temps qui passe ; elle permet tout au mieux de rythmer nos journées, de savoir où nous en sommes, de fixer des rendez-vous, de marquer le début et la fin des journées de travail. Malgré cela, cette notion relative du temps a tendance à prendre des proportions très grandes chez certains où la maîtrise du temps est quelquefois une manière de gérer ses inquiétudes, ses angoisses. Voire chez d‘autres où cette même notion peut, au contraire, générer des inquiétudes, des angoisses...

Le grand bienfait des congés et des vacances consiste en général à se libérer de cette notion relative du temps : de pouvoir vivre sans soucis du timing, de l'heure qu'il est et du temps qui passe. On revient alors à un fondamental essentiel en se rythmant sur un rythme beaucoup plus naturel : la course du soleil.

Le temps mesuré par l'usure du bracelet est une donnée beaucoup plus fondamentale et essentielle du temps : cette notion fondamentale nous aide à mesurer nos projets, réalisés ou pas. A prendre conscience de ceux qui valaient la peine d‘être menés à terme ou de ceux, trop vains, qu‘il valait mieux laisser de côté. A prendre conscience de ce que nous avons construit tant au niveau familial que du travail et même au niveau amical.

Cette notion fondamentale du temps nous permet, avec le recul nécessaire, de mesurer ses échecs et, avec un peu d'expérience, à ne pas reproduire les même erreurs. Elle nous permet aussi de mesurer la profondeur des relations qui se tissent durant nos vies. Elle nous permet de prendre conscience de notre épanouissement d'être humain malgré les épreuves qui jonchent nos vies.

Pour bien prendre conscience de tout cela, il faudrait, par moment, prendre du temps pour regarder un peu en arrière avec un regard de foi : comment Dieu, dans sa Providence prend soin de nous, est à nos côtés, nous guide, nous conduit. Alors, avec reconnaissance, nous pourrions lui rendre grâce pour la richesse de ce qu'Il nous donne à vivre.

De nombreux centres d'accueil peuvent nous aider à cela : les monastères, les communautés religieuses, les foyers de charité, les centres Notre Dame de Vie, les sessions du renouveau, les retraites ou récollections organisées...

D'autres peuvent aussi faire ce travail de relecture dans la nature, la montagne, la mer... tous ces lieux fondamentaux qui sont autant de lieux de ressourcement : on n'y perd jamais son temps !

Dimanche dernier, nous entendions la prière du psalmiste (Psaume 89) qui demandait à Dieu : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos coeurs pénètrent la sagesse ».

Hé bien oui, que le Seigneur nous accorde, plus particulièrement en cette période estivale, cette Sagesse ! Pour que le temps qui nous est donné à vivre en ce monde soit une véritable source d'épanouissement dans l'amour, la joie et la paix et nous prépare à la vie éternelle.

Laurent.

Edito du 1er août, 18 TO

"Etre libre, c'est faire ce qu'on veut" ? Comment bien comprendre cette phrase ? Qu'est ce que la vraie liberté ? Et quel est son rapport à la Loi ? Le concile Vatican II a rappelé l'importance de la liberté pour se tourner vers le bien tout en nous mettant en garde contre une conception erronée de la liberté. "C'est toujours librement que l'homme se tourne vers le bien. Cette liberté, nos contemporains l'estiment grandement et ils la poursuivent avec ardeur. Et ils ont raison. Souvent cependant ils la chérissent d'une manière qui n'est pas droite, comme la licence de faire n'importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal". Qu'est donc la vraie liberté ? Est-ce "faire ce qu'on veut" comme nous l'expliquent souvent les jeunes ? Est-elle d'emblée donnée ou se conquiert-elle ? Si la vraie liberté se conquiert alors comment sensibiliser les jeunes à son apprentissage et au rôle de la Loi dans cette pédagogie ?

Deux conceptions de la liberté s'affrontent dans notre monde. La première peut être appelée « liberté d'indifférence » et l'autre « liberté de qualité ». 1. La liberté d'indifférence : cette conception de la liberté réside toute entière dans le pouvoir que possède notre volonté de se déterminer entre les contraires et ce à partir d'elle seule, comme entre le oui et le non, entre ce que dicte la raison et son contraire, entre vouloir et ne pas vouloir, agir et ne pas agir, entre ce qu'ordonne la loi et son contraire. La liberté consiste donc dans une indétermination ou une indifférence radicale de la volonté à l'égard des contraires. Elle est appelée "liberté d'indifférence". Les conséquences, on le devine, sont profondes et désastreuses dans le coeur de l'homme ... 2. La liberté de qualité : Bien que récente, cette idée de la liberté (d'indifférence) est la plus répandue aujourd'hui. Elle imprègne le monde et la théologie classique. Pour saint Thomas, au contraire, et les Pères de l'Eglise avant lui, la liberté procède de la raison et de la volonté. Cette "liberté de qualité", on peut la définir comme la faculté de la raison et de la volonté par laquelle nous choisissons le bien. Pour bien comprendre ce dont il s'agit, prenons un exemple.

Le courage. Cette vertu morale donne la capacité de poser des actes difficiles et bons, des actes de "qualité", décidés en conscience, à la lumière de la raison. Malgré tous les obstacles, résistances, conditionnements, peurs ... qui pèsent sur le sujet, le courage libère et permet de grandes réalisations. Progressive, la formation du courage s'acquiert par de petites victoires remportées sur soi-même, et par une discipline de vie. Cette liberté de qualité, acquise par les vertus, comme le courage, apparaît donc sous de tout autres traits que la liberté d'indifférence.

Alors que la liberté d'indifférence s'oppose aux inclinations naturelles pour les nier, la liberté de qualité au contraire, présuppose ces dispositions naturelles telles que le sens du vrai et du bien, de la justice, du bonheur. La liberté que nous donne le courage présuppose en nous, ces dispositions, sans lesquelles nous n'aurions le désir de combattre pour la justice et la vérité. On voit que loin d'entraver notre liberté, ces dispositions la fondent. Plus nous les développerons plus nous deviendrons libres.

Ainsi fondée sur notre sens du vrai et du juste, la liberté ne pourra plus être qualifiée par l'indifférence mais par l'attrait, l'intérêt éprouvé pour ce qui a qualité de vrai et de juste. De cette liberté procède une morale de l'attrait, du bonheur et non de l'obligation. Prisonnière de nos faiblesses, la liberté doit être éduquée. Alors que la liberté d'indifférence est posée entière, à la source de la vie morale, la liberté de qualité réclame, pour advenir, l'oeuvre longue et patiente de l'éducation morale. Entre ces deux conceptions de la liberté, le concile Vatican II a tranché en faveur de la seconde puisque la vraie liberté "est en l'homme un signe privilégié de l'image divine. Car Dieu a voulu le laisser à son propre conseil pour qu'il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, s'achever ainsi dans une bienheureuse plénitude". En ce sens, on peut répondre à notre question initiale :

« être libre ce n'est pas faire ce que l'on veut mais être capable de vouloir ce qui est bien... ».

Julien

Edito du 20 juin

« Il en appela Douze pour être avec Lui et pour les envoyer prêcher... » Marc 3,14

L'appel, les appels... Au coeur de l'expérience chrétienne, il y a celle de s'être reconnus aimés et appelés à aimer. Alors, le reste de la vie en est éclairé. Se creuse un lien unique et fondateur, appelé à prendre sa place en nous-mêmes et à devenir l'essentiel ou le fondement de nos vies. Les témoignages des catéchumènes adultes sont souvent de cet ordre. Il y a un avant et un après. C'est de l'ordre de la rencontre qui bouleverse et change tout ! Mais l'Evangile rend compte aussi de cette vocation unique que nous qualifions ‘d'apostolique' Il s'agit de celle des Douze que Jésus a appelés ‘pour être avec Lui et pour les envoyer prêcher'. Le ‘Viens, suis-moi' a retenti en eux comme un appel à être avec Lui, à son école, pour être envoyés en son nom. Les évêques, les prêtres, les diacres entendent cet appel à être avec Lui, pour servir en son nom la vie communautaire de ses disciples et l'ensemble des hommes, pour être et agir en son nom....

Notre Eglise diocésaine aura la joie, le dimanche 27 juin, d'ordonner prêtres Guillaume Petit, incardiné au diocèse et membre la communauté de l'Emmanuel, Alexandre Baccam, oblat de Marie Immaculée, et Marcio Peña, lazariste. Au cours de cette même célébration seront ordonnés diacres en vue du ministère presbytéral Gilles La Mache et Yann Pointel, membre de la communauté de l'Emmanuel. Le samedi 3 juillet, avec plusieurs de ses frères, Nicodème Gonsolin, membre de la congrégation des Frères de Saint-Jean, en mission à Saint Savournin, sera également ordonné prêtre. Voilà six jeunes hommes qui répondent à cet appel transmis par l'Eglise à devenir prêtres pour le service de l'Eglise et du monde, comme nous aimons dire. Ils ont répondu personnellement, selon un chemin qui leur est propre, mais qui, dans le fond, relève de la même dynamique : vivre avec le Seigneur pour être et agir en son nom, pour que, par le ministère, se donne à voir et à recevoir l'oeuvre de l'Esprit en ce temps qui est le nôtre.

Je vous invite à venir nombreux les entourer le 27 juin prochain. J'espère que les aumôneries de jeunes, les mouvements, l'Enseignement catholique, sauront y inviter leurs membres. Ensemble, nous rendrons grâce au Seigneur. Ensemble, nous accueillerons leur engagement et leur joie. Ensemble, nous creuserons notre estime pour la vocation des prêtres dans la vie de nos communautés. Et nous prierons pour qu'ils vivent leur ministère en demeurant avec Lui et en se faisant serviteurs de la Parole et de leurs frères, en son nom. † Georges PONTIER Archevêque de Marseille Le département du Var a subi des inondations particulièrement tragiques qui ont entraîné la mort de plusieurs personnes. Des milliers de victimes ont subi les conséquences de cette catastrophe. Aux dommages matériels s'ajoutent beaucoup de préjudices psychologiques et familiaux. L'ensemble des communautés catholiques de notre diocèse se sait solidaire de ces situations de détresse. Des paroisses, des communautés religieuses, des associations d'entraide se sont mobilisées spontanément pour faire face au drame. L'amour du Christ nous presse, disait l'apôtre Paul. Sa charité aussi envers les plus démunis. Nous remercions particulièrement toutes les bonnes volontés qui se sont manifestées au coeur de cette tragédie pour signifier la sollicitude de l'Eglise. Une Messe sera célébrée dans les jours qui viennent à Draguignan à l'intention de toutes les victimes. Mgr Dominique REY, évêque de Fréjus Toulon

Pour les aider : Secours Catholique - 165 rue Henri Vienne 83000 Toulon 04 94 89 72 00

Edito du 11 juin (à l'occasion de la fête du Sacré Coeur)

Dieu notre Père, nous nous confions au Coeur Sacré de ton Fils qui a tant aimé les hommes. C'est Lui qui nous a dit: ‘Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon Nom, il vous l'accordera' et ‘Venez à moi, vous tous qui souffrez et je vous soulagerai'. Confiants en Sa Parole, et par l'intercession de Marie notre Mère, nous te prions pour les malades, les affligés et tous ceux qui se recommandent à nos prières.

Seigneur Jésus, pour nous sauver tu as vécu la pauvreté de la crèche à la croix ; tu as été abandonné, rejeté, trahi et renié ; tu as souffert l'agonie, la passion et la croix ; pour nous donner la vie, tu es ressuscité des morts ; tu es monté à la droite du Père ; tu as envoyé l'Esprit Saint pour faire de nous des témoins de la Bonne Nouvelle ; béni sois-tu.

Toi qui as été attentif aux petits, aux humbles, aux pauvres, aux étrangers et à tous les exclus de la société, rends notre coeur semblable au tien ; toi qui as été solidaire des hommes jusque dans la mort, rends notre coeur semblable au tien Seigneur Jésus, tu as guéri les malades, tu as accueilli la révolte de ceux qui souffrent, tu as redonné la dignité, l'espérance et la joie de vivre aux opprimés et aux désespérés ; entends aujourd'hui, les cris de tes frères.

Dieu dont l'amour est tout puissant, écoute notre prière. Donne-nous d'être pour ceux qui souffrent, lumière dans la nuit, chaleur qui réconforte, espérance qui rend libre.

Prière du diocèse de Bourges

Edito du 30 mai, fête de la Sainte Trinité

Homélie pour la Confirmation des adultes (le 22 mai à la Cathédrale)

«On ne devient pas chrétien d'un coup de baguette magique.» Ainsi commence la lettre de l'une d'entre vous. Et elle se poursuit : «J'étais chrétienne non pratiquante, me rendant dans les églises parfois, pour prier ou lors des occasions telles que mariages, baptêmes ou enterrements. Souvent, il m'arrivait d'implorer, de supplier le Seigneur afin qu'Il m'écoute, m'entende lors de dures épreuves que je rencontrais. En 2008, je suis tombée gravement malade et la foi qui sommeillait en moi s'est réveillée. Je me suis remise en question et surtout, je me suis sentie plus proche du Seigneur, car Lui seul pouvait comprendre l'état de désarroi que je vivais, la détresse qui habitait mon âme». S'en est suivie la rencontre d'un prêtre et la prise de conscience «que le Seigneur était proche de moi et qu'Il m'entendait». Voilà cette expérience qui rejoint celle de plus d'un parmi vous : une épreuve qui remue, qui peut démolir et qui débouche sur l'expérience de la présence aimante et relevante du Seigneur et de son Esprit. Pour d'autres, le chemin est plus heureux : la rencontre d'un conjoint chrétien, une naissance, un pèlerinage, une lecture, la catéchèse des enfants. Quel mystère que cette ouverture à la présence de Dieu dans nos vies, au plus intime de nous-mêmes et de ce qui nous arrive, comme Celui qui veut que nous vivions, que nous tenions debout, que nous trouvions sens à nos vies grâce à sa présence !

Et la Parole de Dieu vient éclairer cette présence et cette oeuvre de Dieu en nous. Je pense en particulier à la vision du prophète Ezéchiel que nous entendions tout à l'heure. Une vallée pleine d'ossements desséchés. Un monde marqué par l'épreuve. Des hommes qui disent : «Nos ossements sont desséchés, notre espérance est détruite, nous sommes perdus». Et Dieu qui, dans sa bonté, vient réanimer ceux qui vivent dans la désespérance : «Vous saurez que je suis votre Dieu quand j'ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon Esprit, et vous vivrez. Vous saurez que je suis le Seigneur : je l'ai dit, et je le ferai». Et le Seigneur ne cesse de le faire ! Il est venu réveiller vos coeurs et vos esprits. Il est venu ouvrir vos yeux, conforter votre foi, vous faire entrer dans son peuple, dans sa famille, dans le corps de son Fils qu'est l'Eglise [...] Et Dieu veut que vous vous sachiez aimés de Lui, faits pour Lui, appelés à trouver la paix et la joie en Lui. Dieu veut que vous l'appeliez : Papa ! Père, habité d'une tendresse toute maternelle pour chacun de ses enfants ! Et Dieu veut que vous vous sachiez frères, appelés à vous reconnaître frères de tout homme.

Et là encore, n'est-ce pas ce que nous expérimentons ce soir même : une belle fraternité, faite de la richesse de nos différences. Pas du tout le peuple de Babel qui ne veut vivre qu'entre semblables, mais le peuple de Pentecôte où chacun entend les merveilles de Dieu dans sa propre langue et se réjouit de vivre une belle fraternité au-delà des différences. Une d'entre vous m'a livré sa joie profonde lors de la veillée pascale de l'an dernier : «A ce moment-là, plus de races, plus de couleurs, plus de distinctions sociales, nous ne faisions qu'un». Voilà le désir de Dieu, l'oeuvre de l'Esprit en nos coeurs et en ce monde. Voilà Pentecôte ! C'est l'oeuvre de Dieu.

Chers amis, mes frères : ouvrez vos coeurs au souffle de Dieu, à son Esprit ! Il vient faire de vous des créatures nouvelles ! Il vient vous accompagner sur le chemin de votre vie, aujourd'hui et demain, comme Il le faisait hier ! La route n'est pas finie ! Vous vivez ce soir une étape. Il y a encore du chemin à faire pour suivre Jésus, pour vivre à sa suite, à sa manière, selon son désir. Appuyez-vous sur la vie en communauté chrétienne, là où se reçoivent les signes de la présence de Dieu, là où se partagent sa Parole, les sacrements de sa présence, là où se vit notre mission commune d'annoncer l'oeuvre de Dieu qui fait de l'humanité une famille, qui fait de chacun de nous des frères qui nous portons les uns les autres, qui vivons les uns pour les autres. Vous n'êtes pas confirmés que pour vous ! Vous l'êtes pour donner témoignage de l'amour de Dieu pour tous, du désir de Dieu d'être reconnu par tous comme le Père tout aimant. Vous êtes des témoins de la mort et de la résurrection de Jésus. Vous êtes témoins de la puissance de l'Esprit en vos vies. Vous êtes témoins que l'amour relève, que l'amitié soutient, que le pardon guérit. C'est là l'oeuvre de Dieu et elle est merveilleuse ! Qu'Il soit béni ! Qu'Il nous garde fidèles, proches de Lui et proches de nos frères ! Que Marie, mère de toute tendresse, vous accompagne, elle qui est pour nous modèle de confiance et d'espérance. Amen. + Georges PONTIER

Edito du 23 mai, dimanche de pentecôte, confirmations à Notre-Dame

Paroles de confirmands :

Peut-être pouvons-nous prier avec ce que des confirmands (de Marseille) ont pu écrire dans leur lettre de demande de Confirmation et ainsi nous préparer à recevoir nous aussi un peu plus l'Esprit Saint en cette fête de Pentecôte et continuer à les soutenir de notre prière et de notre vie chrétienne.

Souvent est soulignée l'importance de leur famille Soutien ; Motivation ; Exemple des parents, grands parents ; Volonté d'être un exemple pour les plus jeunes et aussi des Adultes qui les accompagnent et les encouragent...

Ce qui est important dans leur vie chrétienne :

-Aider les autres à être unis ; Se tourner vers les autres ; Être là pour eux ; Transformer la peur en amitié ; Prier pour les autres ; Leur faire confiance...

-Dieu a toujours été là pour moi ; Il ne nous abandonne jamais ; Aller à l'église, çà rend heureux ; Quand on ne va pas bien, prier aide beaucoup ; Trouver le Seigneur qui nous accompagne ; Qui nous aide dans les bons et les mauvais moments...

-Être plus fort devant les difficultés de la vie ; Mieux apprécier les richesses du monde que Dieu nous donne ; Réagir en suivant l'exemple de Jésus ; Espérer, aimer ; Se sentir utile...

Ce que la Confirmation va leur permettre :

Une grande joie, Avancer toujours avec Dieu ; Me rapprocher de lui ; Alimenter la lumière qui brille en moi ; Découvrir les ressources qui sont en moi ; Montrer que Dieu compte beaucoup pour moi ; Le remercier ; M'engager sur le chemin de la foi même si je vois bien que ce n'est pas facile ; Aider les plus petits à découvrir le message d'amour de Jésus ; Être de vrais témoins ; Fonder une famille et de leur transmettre ce que j'ai reçu ; Faire de ma vie un exemple pour tous mes amis...

Edito du 16 mai 2010

DANS L'ATTENTE DE L'ESPRIT DE PENTECÔTE...

Ce Dimanche est un peu particulier : nous nous retrouvons entre deux fêtes : l'Ascension de jeudi dernier et la Pentecôte de dimanche prochain. Peut-être est-ce le temps pour chacun de nous de creuser notre désir de recevoir à nouveau ou de nous laisser renouveler par ce nouveau Paraclet, ce Défenseur, ce Consolateur, à savoir l'Esprit Saint que Jésus Christ, avant de retourner vers son Père nous a promis. Oh certes, l'Esprit Saint, nous l'avons déjà reçu, et même plusieurs fois : au jour de notre Baptême et plus tard, au jour de notre Confirmation (pour ceux qui ont reçu ces sacrements). Mais, pour la plupart d'entre nous ça s'est passé il y a longtemps et peut-être qu'on en garde aucun souvenir. Mais heureusement, le don de Dieu n'est pas lié au souvenir que l'on en a : ce que Dieu donne il ne le reprend pas ! Et ce trésor de grâce, d'amour, de joie et de paix : l'Esprit de Dieu, est bien là présent en chacun de nous. Peut-être que l'absence d'éducation chrétienne ne nous a pas permis de réfléchir à ce don et d'en vivre ? Peut-être qu'un éloignement de l'église, même momentané, nous a fait oublier cette dynamique de grâce et de vie éternelle inscrite au plus profond de nous ? Peut-être que les circonstances de la vie, les épreuves, les deuils, les difficultés nous ont affectés au point d'éteindre cette flamme de l'Esprit ? Peut-être que notre difficulté de nous affirmer comme chrétien dans ce monde empêche l'Esprit de nous pousser au témoignage de notre foi ? Peut-être que les préoccupations d'une vie souvent trépidante nous ont tenus éloignés de Dieu et de l'Esprit qui nous relie à Lui ? Peut-être que le poids de nos péchés, de nos erreurs, de nos échecs nous pèse au point de ne plus arriver à avancer vers le Sauveur qui veut nous en libérer par son Esprit de Vérité ? Peut-être que notre tiédeur, tout simplement, rend difficile et pénible notre progression spirituelle ? ...

Finalement, peut importe les circonstances, le résultat sera sensiblement le même : le don de Dieu est toujours là, présent, au plus profond de notre être ; il ne nous a pas été enlevé. Chez certains ce trésor sera profondément enfoui, comme une petite source timide qui n'arrive pas à se frayer le chemin pour que son eau jaillisse et coule naturellement... Jésus Christ nous dit, dans l'évangile, que l'Esprit est une source d'eau jaillissante pour la vie éternelle, mais le problème c'est que, chez les uns et les autres, la source d'eau n'est guère « jaillissante ». Pas d'inquiétude, la fête de Pentecôte est là pour palier à tout cela. Dieu, dans sa souveraine liberté, peut se saisir de cette fête de l'Esprit Saint pour l'envoyer à nouveau sur tout homme et toute femme de bonne volonté afin de continuer à chanter ses merveilles... Il peut aussi faire vivre à certains une nouvelle effusion de l'Esprit c'est-à-dire lever justement tout ce qui empêche la source de couler librement pour qu'elle devienne à nouveau jaillissante... Il peut aussi renouveler en chacun de nous les fruits de son esprit : l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la douceur, la confiance dans les autres, la maîtrise de soi... pour que, non seulement nous bénéficions de ces fruits mais que nous en soyons aussi porteurs pour nos proches et même ceux dont on ne se sent pas proche. Ce qui est certain, c'est que nous ne pouvons pas être chrétien sans cette vie dans l'Esprit de Dieu ; pour reprendre l'image que Jésus nous donne dans l'évangile de Jean : « Je suis le cep, vous êtes les sarments », on pourrait dire que l'Esprit Saint est la sève. Celui qui fait le lien entre le Christ tête et tous les membres de son corps. Celui qui nous permet de porter du fruit, d'être fécond. Par conséquent un chrétien sans Esprit Saint est un arbre sans sève : il se dessèche et ne peut porter du fruit. Comme le dirait Jésus très concrètement : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » ! (même si notre orgueil nous pousse, parfois, à ne pas l'admettre)

Alors prêt pour une nouvelle Pentecôte 2010 ? Prêt pour accueillir, à nouveau, le don de Dieu, l'Esprit de Dieu, acteur essentiel de la vie chrétienne ? Prêt pour prier le Saint Esprit force d'amour et de vie éternelle ? Prêt à ne plus vous passer de Lui dans votre vie ? Que le Seigneur bénisse chacun de nous et toute son Église en lui accordant cette grâce d'une nouvelle effusion de l'Esprit : la même qui a bouleversé la vie des apôtres, la même qui nous poussera dehors à chanter ses merveilles, la même qui fera de nous les témoins du Christ Ressuscité dont le monde a besoin aujourd‘hui !

Laurent.

Edito du 9 mai, sixième dimanche de pâque

Le temps pascal touche à sa fin. Beaucoup d'entre vous ont reçu, au cours des célébrations, un ou plusieurs sacrements, baptême, première communion, confirmation, sacrement de réconciliation. L'Eglise au cours de ces liturgies déploie une multitude de symboles pour rendre compte de la grâce donnée par ces sacrements et pour nous la transmettre.

Arthéo se penche sur les signes et les symboles utilisés par l'Eglise au cours des baptêmes, dès les premiers siècles de notre ère. « Signes » et « Symboles » doivent être en effet distingués les uns des autres parce que le symbole évoque une réalité alors que le signe transmet quelque chose de la réalité même qu'il évoque. Ce sera plus clair si je prends un exemple. Le drapeau français est un symbole de notre patrie, un symbole chargé de sens. Le caducée des médecins, le serpent fixé autour d'un bâton, est un signe. Inspiré du livre de l'Exode, ce signe n'a pas seulement pour fonction de symboliser la guérison, il l'opère. Car à la vue de ce signe, les hébreux dans le désert étaient guéris de la morsure des serpents venimeux. Notre théologie des sacrements s'appuie sur cette différence fondamentale entre symboles et signes puisque les sacrements ne font pas qu'évoquer la grâce, mais ils la transmettent, tout comme le serpent d'airain transmettait la guérison.

La liturgie baptismale des premiers siècles concentre un grand nombre de symboles et de signes (eau, pain, vin, huile, parfum, sceau, piscine, animaux, lumière, poissons, pasteur...) Ils sont soulignés dans le passage suivant qui sera repris, développés et illustrés par des photos de mosaïques, de baptistères, de fresques, de bas reliefs... Ils nous aideront à découvrir ce que nous avons reçu lorsque nous avons été baptisés, (en ce sens il s'agit d'une catéchèse mystagogique : catéchèse à posteriori, à partir de ce qui a été vécu au cours de la célébration). Le baptême est le sacrement du salut. L'immersion dans l'eau et la remontée signifient la participation du baptisé à la mort, à la mise au tombeau et à la résurrection de Jésus. Le signe de l'eau représente la nouvelle naissance à la vie spirituelle des enfants de Dieu. Petits poissons nés dans l'eau de la piscine baptismale, vivifiés par l'Esprit, ils deviennent disciples du grand Ichthus qui les conduit à la vie éternelle. Par l'imposition de la main et l'huile de l'onction, ils entrent dans le royaume messianique du Christ avec la dignité et la mission des rois, des prêtres et des prophètes qui ont reçu l'Esprit. Portant au front le signe du Christ, le sceau, ils appartiennent au troupeau du Bon Pasteur. Ayant renoncé au mal et adhéré au Christ, ils cheminent avec assurance sur la Voie tracée par le Christ, guidés par la Loi Nouvelle qu'il leur a donnée. Ils sont illuminés, recevant la lumière du Christ qui éclaire le monde en dissipant les ténèbres de l'erreur et du mal. Revêtus du vêtement blanc des élus, ils vivent dans l'espérance de la vie bienheureuse auprès de Dieu. Ils peuvent alors communier au pain de la vie, qui les alimente au cours de leur pèlerinage vers la Jérusalem céleste.

Rendez-vous mardi 25 mai de 19H30 à 21H00 à l'OEuvre de Jeunesse, 19 bd Michelet à La Ciotat pour découvrir à travers signes et symboles la pédagogie de l'Eglise. Julien

Edito du 2 mai

Homélie lors des obsèques du Père Hugues Madesclaire (lundi 26 avril 2010 Sacré-Coeur)

Comprendre et expliquer : voilà ce que nous voudrions depuis maintenant six longues journées. Comprendre comment le P. Hugues Madesclaire a pu en arriver là, expliquer ce qui s'est passé. Et nous qui le connaissions, nous qui l'estimions, nous qui avons bénéficié de son ministère et nous qui nous voulions proches de lui, nous sommes stupéfaits et interloqués. Nous avons besoin que Jésus nous rejoigne sur la route de nos pourquoi pour les éclairer de la lumière de sa mort et de sa résurrection. Nous avons besoin qu'Il refasse pour nous le chemin d'Emmaüs, qu'Il nous entende parler de ce qui vient de se passer, de nos explications et de nos suppositions, qu'Il voit notre air tout triste. Ecoutons-le prendre la parole et rejoindre ses amis, non pas pour leur expliquer l'enchaînement des faits ou la responsabilité des uns et des autres dans les événements de sa passion, mais pour leur révéler le mystère pascal, celui de ce Dieu d'amour qui emprunte et subit le chemin inexplicable du délire humain, dans ses diverses manifestations, pour y faire triompher la lumière de la victoire sur le péché et sur la mort, la victoire du Père qui ne peut laisser son Fils bien-aimé connaître la corruption. Oui, mes amis, je crois très fort que c'est ce passage que nous sommes invités à faire : ne pas attendre que les explications, même utiles, puissent nous donner la paix, mais recevoir la paix du coeur, de la force de la résurrection de Jésus qui triomphe, dans la faiblesse humaine, du péché des hommes et de ses oeuvres de mort. Il nous associe à sa victoire, Il nous rejoint pour rendre nos coeurs tout brûlants, pour nous redire sa présence, pour revivre avec nous le mystère pascal et nous relancer sur les routes de la vie et celle de la communauté chrétienne. Oui, nous croyons que sa prière au Père du haut de la croix est aussi pour notre frère Hugues et pour nous autres : Père, pardonne-lui, Père, pardonne-lui, Père, pardonne-nous surtout quand nous ne savons pas ce que nous faisons, ce que nous nous faisons les uns aux autres ! Oui, Père, redis-nous que Tu es plus grand que notre coeur et que notre coeur a beau nous accuser, Toi, Tu es plus grand que notre coeur et Tu connais toute chose. Toi, Seigneur, Tu connais chacun de nous mieux encore que nous nous connaissons, et jusque dans la profondeur de nos fragilités, la réalité de nos erreurs, la permanence de nos blessures cachées et aussi dans la beauté de nos richesses humaines et de nos dons ! Tu sais tout et c'est pour cela que Tu es rempli de miséricorde. Tu sais qu'argile nous sommes. Mais nous sommes à Toi ! Et Tu n'abandonnes pas celui que Tu as appelé à la vie, celui que Tu as appelé au baptême, celui que Tu as appelé au sacerdoce voici cinq ans ! Oui, redis-nous qu'il y a mort et mort. Redis-nous aujourd'hui, par ton apôtre Jean : ‘parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s'il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l'amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Mes enfants, nous devons aimer : non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité'. Oui, redisnous cela. Que ta parole nous permette de relire la vie de Hugues à cette lumière et aussi nos vies personnelles et communautaires. Oui, Seigneur, fais-nous entendre le chemin de l'amour en actes et en vérité comme un chemin porteur de vie et que la mort ne peut atteindre. Et puis, Seigneur, Tu avais saisi notre frère Hugues par le mystère de l'Eucharistie, partagée, célébrée, vécue, ce sacrement de ta présence réelle, de ta vie donnée pour que le monde ait la vie. Hugues a vécu de l'Eucharistie, il l'a célébrée avec bonheur et profondeur. Souvent, il priait devant le Saint-Sacrement. Il y reconnaissait le signe de ta présence, comme Tu l'avais fait expérimenter aux disciples d'Emmaüs. Nous te rendons grâce pour son ministère de prêtre au milieu de nous. Nous te rendons grâce pour ce que, les uns et les autres, nous avons reçu de lui et par lui. Frères et soeurs, c'est à un pas de plus dans la foi que nous invite cet événement ! Seul Dieu peut tirer la vie de la mort. Nous venons de le célébrer. Le temps pascal nous permet d'en saisir les multiples facettes. Nous remettons entre ses mains de Père notre frère et ami, Hugues. C'est à un pas de plus dans l'amour que nous invite cet événement ! Seul Dieu peut nous tenir dans l'amour, la délicatesse, l'écoute, la compréhension, la modestie, le soutien, le partage, l'engagement auprès de ceux qui n'ont rien. Qu'Il nous tienne dans l'amour, dans la vie de nos communautés chrétiennes et dans nos vies de tous les jours.

C'est à un pas de plus dans l'espérance que nous invite cette mort ! Seul Dieu peut dominer les tempêtes que subissent les barques de nos vies personnelles, et de nos vies ecclésiales. Nous connaissons le terme de notre espérance, c'est cette vie en Dieu ! Mais en attendant, nous croyons qu'Il ne nous abandonne pas et qu'Il nous rejoint sur nos chemins d'Emmaüs, pour nous redire qu'Il est bien là, ressuscité, vivant et que son Esprit nous accompagne et nous donne et nous donnera tout ce dont nous avons besoin pour poursuivre notre route, et que même Il nous donnera les prêtres dont notre Eglise a besoin, alors que nous pleurons celui qui vient de mourir trop tôt. Oui, frères et soeurs : ‘il est grand l'amour dont le Père nous a aimés. Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes vraiment !' Telle est notre foi ! Telle est la lumière qui nous habite ! Telle est la source de notre espérance et de notre vie ! La Vierge Marie avait l'habitude de garder dans son coeur ce qui se passait et elle en accueillait toute la profondeur. Qu'elle nous soit un modèle pour relire tout comme elle et avancer dans une confiance sans faille en Celui qui a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour condamner le monde mais pour que, par Lui, le monde soit sauvé. Qu'Il soit béni et loué. C'est à Lui que nous remettons avec respect et affection notre frère Hugues et que nous nous confions nous-mêmes, les uns les autres, et en premier sa maman et sa soeur. Amen.

+ Georges PONTIER Archevêque de Marseille

Edito du 25 avril, quatrième dimanche de pâque

Par notre baptême, nous sommes tous appelés à vivre à la suite du Christ, à rendre visible pour nos contemporains son visage, par nos paroles et par nos actes. Dans nos familles, nos paroisses, nos écoles, nos groupes de réflexions, nos groupes de jeunes... nous sommes tous appelés à réfléchir sur le sens de notre existence, sens qui ne trouve son aboutissement, nous le croyons, qu'en Dieu seul. Vivre à la suite du Christ, c'est prendre notre part du service ; c'est aussi nous dire que, chacun, nous avons à oeuvrer pour les vocations. C'est inviter un plus grand nombre de jeunes à enraciner leur vie en Christ, pour entendre son appel. C'est prier et travailler pour que certains, au milieu de nous, dans nos familles, nos communautés d'Eglise, osent suivre le Christ comme diacres, comme prêtres, comme consacrés. Prions l'Esprit Saint pour qu'il nous éclaire, afin que nous devenions de vrais artisans pour faire germer des vocations, afin qu'il nous montre ce que chacun de nous peut faire, à sa place.

Edito du 18 avril, troisième dimanche de pâque

Conclusion de l'assemblée plénière des évêques de France (mars 2010) par le cardinal André Vingt-Trois...

Cette année, notre Église catholique célèbre Pâques dans un climat de suspicion et de tristesse. Les cas de pédophilie révélés dans certains pays d'Europe sont une cause de scandale pour beaucoup de nos contemporains et plongent les catholiques dans la honte et le désarroi. La lettre du Pape aux catholiques irlandais exprime la compassion pour les victimes, reconnaît courageusement les erreurs et les fautes passées et appelle à des mesures strictes pour éviter que de pareilles abominations se reproduisent. Naguère, nous avions nous-mêmes engagé un long travail sur ce sujet qui a abouti en 2002 à la publication d'un ouvrage à destination des éducateurs :

‘Lutter contre la pédophilie'. Les mesures que nous avions alors préconisées demeurent pertinentes et nous appelons tous les éducateurs à les travailler et à les appliquer. Nous sommes confrontés à un problème qui concerne toute notre société, et pas seulement l'Église. Nous aurions été intéressés de voir d'autres institutions faire un travail équivalent au nôtre. Devant la campagne de dénigrement et de calomnies qui s'organise pour salir la figure du Pape, nous avons voulu lui adresser un message de solidarité et de communion. Nous savons tous avec quelle vigueur il a agi, d'abord comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, puis comme Souverain Pontife, pour mettre à la disposition des évêques des moyens de gérer énergiquement et clairement les situations délictueuses. Cette épreuve que nous traversons doit renouveler notre vigilance. Elle ne doit pas cependant occulter les autres réalités de notre vie ecclésiale. L'immense majorité des prêtres de nos diocèses vivent leur engagement dans la fidélité et la joie du service pour lequel ils donnent leur vie... La vie chrétienne continue d'intéresser et de rassembler : nous sommes davantage vivants que nous ne le croyons nous-mêmes. Nous passons à travers une épreuve réelle qui sollicite notre foi, dynamise notre espérance et réveille notre charité : n'est-ce pas l'épreuve de Pâques, le passage, avec le Christ, de la nuit vers la lumière, de la mort vers la vie ? Avons-nous mesuré le chemin prodigieux que nous vivons depuis cinquante ans ?... Cette vitalité de notre Église ne nous autorise pas à oublier les difficultés auxquelles nous sommes confrontés : les signes de la présence chrétienne dans la société s'estompent, la transmission vers les plus jeunes générations paraît fragile ; nous ne voyons pas bien comment les communautés chrétiennes assumeront d'ici quelques années les charges de leur animation... Les situations de pauvreté, voire de pénurie, que nous connaissons peuvent aussi être une chance et une grâce. Elles peuvent nous inciter à mieux évaluer les vraies ressources que nous avons. Certes, les communautés d'Église sont plus petites que naguère, mais elles ne sont pas sans réaction : elles savent accueillir des personnes en quête de sens, et des événements qui les dépassent. Elles savent s'organiser, se prendre en main, témoigner de la Parole de Dieu qui les habite. Et Dieu envoie au milieu d'elles des prêtres qui relient entre elles les communautés dont ils ont la charge et les aident à vivre dans la communion de l'Église. Ensemble, ils tournent leurs regards vers le Christ qui se préoccupe de tous les hommes et qui pose sur eux un regard d'amour. Notre Église retrouve le goût d'être apostolique et missionnaire...

L'année sacerdotale nous a réveillés. Non seulement nous avons continué à appeler des hommes au sacerdoce, mais nous avons aussi osé reprendre plus clairement la parole au sujet du ministère des prêtres... Tous ont pu redécouvrir à quel point les prêtres aiment l'Église qu'ils servent avec conviction et désintéressement. Tous ont pu redécouvrir combien l'Église aime ses prêtres qui donnent toute leur vie pour le Christ et le service de tous ceux qui leur sont confiés. Nous disons à nouveau notre confiance à nos prêtres. Nous pensons aussi aux séminaristes qui doivent accueillir et examiner leur appel dans ce contexte... Servir dans le clergé diocésain est une belle mission qui peut rendre un homme heureux...

Edito du 11 avril, deuxième dimanche de pâque

Profession de Foi du groupe des Cinquièmes : Je crois en Dieu qui est Père de tous les croyants, il est le maître de l'impossible, créateur de l'univers, il nous donne la vie, il nous aime et nous invite à aimer. Il nous pardonne sans nous renier et il nous donne la foi et la lumière. Je crois en Jésus-Christ enfanté par Marie grâce à l'Esprit Saint. Il est le Fils de Dieu donnant sa vie pour nous sauver, nous protéger. Aujourd'hui il nous tend toujours la main, nous guide dans la nuit, nous unit malgré nos différences et nous offre sans cesse son amour. Je crois en l'Esprit Saint qui nous est donné pour faire la liaison entre le Père et nous. Il nous donne la foi et l'amour que nous rendons aux autres, il nous aide à devenir meilleurs et nous sauve du mal. Amen.

Faire Profession de Foi, c'est dire à Dieu : je crois ! Non pas un « Je crois » qui signifierait « je pense que », « je ne suis pas bien sûr de... » mais un JE CROIS qui signifie j'ai confiance en Toi, je t'aime. Dire JE CROIS implique donc une RELATION AVEC DIEU. Cela ne signifie pas que cette foi exprimée ne rencontre pas d'obstacles, Cela ne signifie pas que l'on ne puise pas connaître le doute. Mais si l'on prend cette résolution de vivre sa vie avec Dieu, cela ne pourra que nous aider dans toutes les dimensions de notre vie : sur le plan spirituel bien sûr, mais aussi sur le plan personnel et sur le plan social ou relationnel. Certes, Dieu nous a créés LIBRES au point de le renier, ou, sans aller jusque là, au point de vivre notre existence sans penser à lui, sans lui laisser une place dans notre vie. Mais si nous apprenions à mieux connaître Dieu, tout le monde s'empresserait de lui faire la première place dans sa vie car DIEU EST BON et il désire notre bien. Dire à Dieu JE CROIS c'est avant tout VIVRE EN RELATION AVEC LUI pour lui laisser la possibilité de nous combler de sa grâce et de nous apporter tout ce qui lui semblera bon pour nous : amour, paix, joie, patience...( cf Gal 5, 15-30 les fruits de l'Esprit).

N'oublions jamais cette belle phrase de St Irénée de Lyon : « La gloire de Dieu c'est l'homme debout! » C'est ce que Dieu a fait pour son Fils Jésus en le ressuscitant des morts et c'est ce qu'il veut faire pour chacun de nous si nous voulons bien effectivement lui faire place dans nos vies comme on peut le faire en lui disant : « JE CROIS EN TOI SEIGNEUR ! »

Laurent

Edito du 4 avril, dimanche de pâque

Extraits de l'homélie de Mgr Pontier à la Messe chrismale - Lundi 29 mars 2010

...C'est Dieu qui nous aime le premier, c'est Lui qui nous rejoint sur nos routes, c'est Lui qui nous donne les uns aux autres pour être ensemble le corps du Christ, c'est Lui qui ouvre la Parole pour nous la partager, c'est Lui qui nous pardonne, c'est Lui qui poursuit par le ministère de l'évêque, aidé par les prêtres et les diacres, son oeuvre de libération et de salut. Nous célébrons une Année sacerdotale, une année pour nous redire la place unique des prêtres dans la vie de l'Eglise. Ils sont serviteurs des dons de Dieu en faveur de son peuple. Ils sont les responsables de l'annonce fidèle de la Bonne Nouvelle. Ils sont le visage du Christ qui se fait proche à travers l'onction des sacrements et les célébrations diverses. Ils portent le souci de la brebis perdue, de celle qui est égarée. Ils conduisent la vie des communautés chrétiennes en les gardant dans l'unité et en leur rappelant sans cesse qu'elles doivent porter le souci de tous, des plus fragiles en tout premier. D'une manière éminente, ils exercent leur service propre en présidant l'Eucharistie comme le Seigneur l'a ordonné à ses premiers apôtres, afin que le signe de sa vie donnée pour tous ne manque jamais, jusqu'à la fin des temps, et que se constitue ce corps du Christ que nous sommes appelés à être. Chaque prêtre selon son histoire est travaillé par sa recherche de Dieu et son service de l'Eglise et du monde. Chacun, au fond de lui-même, désire servir la rencontre de Dieu et des hommes et celle des hommes entre eux. Nous connaissons notre fragilité. Nous savons aussi la grandeur et la beauté de notre vocation. Le ministère nous a donné tellement d'occasions de voir l'oeuvre toujours surprenante et libératrice de Dieu dans la vie des croyants, et au-delà encore !

...Priez pour nous, mes frères ! Que nous soyons de saints prêtres ! Croyez que nous prions pour vous, pour qu'avec vous nous soyons de fidèles amis de Jésus en ce temps qui est le nôtre ! Priez avec nous pour que des jeunes, des adultes ne ferment pas les oreilles de leur coeur à l'appel à suivre cette vocation.

Et nous autres, nous prions pour vous afin que vous désiriez qu'un de vos enfants soit un jour prêtre !...

Edito du 28 mars, dimanche des rameaux

Le Dimanche des Rameaux est -tous les ans- l'occasion d'une mini Journée Mondiale de la Jeunesse à Rome, celle d'aujourd'hui préparant le grand rassemblement de Madrid en 2011. Les témoignages de cette année sont autour des différentes vocations : vie religieuse, sacerdoce, mariage... Voici quelques extraits du message de Benoît XVI qui part du récit de la rencontre de Jésus et d'un jeune homme qui lui demande «Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle?»". On sait que la réponse de Jésus sera finalement de l'inviter à vendre ses biens et à le suivre, mais le jeune partira tout triste en refusant l'invitation. Dans le récit évangélique, saint Marc souligne que Jésus fixa sur lui son regard et l'aima. C'est dans le regard du Seigneur que réside le coeur de cette rencontre très particulière et de toute l'expérience chrétienne. Le christianisme, en effet, n'est pas d'abord une morale, mais une expérience de Jésus-Christ, qui nous aime personnellement, jeunes ou vieux, pauvres ou riches. Il nous aime même quand nous lui tournons le dos... Le jeune homme riche demanda à Jésus: Que dois-je faire? La période de la vie où vous vous trouvez est un temps de découverte : celle des dons que Dieu vous a accordés et de vos responsabilités. C'est également l'heure des choix fondamentaux pour construire votre projet de vie... Pour découvrir le projet de vie qui peut vous rendre pleinement heureux, mettez-vous à l'écoute de Dieu, qui a son dessein d'amour sur chacun de vous. La vocation chrétienne jaillit d'une proposition d'amour du Seigneur et ne peut se réaliser que grâce à une réponse d'amour... A l'exemple de nombreux disciples du Christ, vous aussi, chers amis, accueillez avec joie l'invitation à le suivre, pour vivre intensément et avec fécondité en ce monde... La tristesse du jeune homme riche de l'Evangile est celle qui naît dans le coeur de chacun quand on n'a pas le courage de suivre le Christ, d'accomplir le bon choix. Mais il n'est jamais trop tard pour lui répondre!. S'interroger sur l'avenir définitif qui attend chacun de nous donne un sens plénier à l'existence, car cela oriente le projet de vie vers des horizons ni limités ni passagers, mais immenses et profonds. Ces horizons nous portent à aimer le monde, tant aimé de Dieu, à nous consacrer à son développement, toujours avec la liberté et la joie qui naissent de la foi et de l'espérance...nous sommes appelés à l'éternité. Dieu nous donne les commandements parce qu'il veut nous former à la vraie liberté, parce qu'il veut construire avec nous un Royaume d'amour, de justice et de paix. Les écouter et les mettre en pratique ne signifie pas s'aliéner, mais trouver le chemin de la liberté et de l'amour authentiques, car les commandements ne limitent pas le bonheur, ils indiquent comment le trouver.

Ceux qui vivent aujourd'hui dans la condition de la jeunesse doivent affronter de nombreux problèmes provenant du chômage, du manque de références et d'idéaux certains, ainsi que de perspectives concrètes pour l'avenir... En dépit des difficultés, ne vous laissez pas décourager et ne renoncez pas à vos rêves!... Dans ma récente encyclique sur le développement intégral, Caritas in Veritate, j'ai dressé la liste de quelques grands défis qui sont urgents et essentiels pour la vie de ce monde : l'utilisation des ressources de la terre et le respect de l'écologie, la juste répartition des biens et le contrôle des mécanismes financiers, la solidarité avec les pays pauvres dans le cadre de la famille humaine, la lutte contre la faim dans le monde, la promotion de la dignité du travail humain, le service en faveur de la culture de la vie, la construction de la paix entre les peuples, le dialogue interreligieux, le bon usage des moyens de communication sociale. Ce sont des défis auxquels vous êtes appelés à répondre pour édifier un monde plus juste et fraternel. Ce sont des défis qui requièrent un projet de vie exigeant et passionnant, dans lequel investir toute votre richesse selon le dessein que Dieu a sur chacun de vous. En cette Année sacerdotale, je vous invite à connaître la vie des saints, en particulier celle des saints prêtres. Vous verrez que Dieu les a guidés et qu'ils ont trouvé leur route jour après jour, précisément dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour. Le Christ appelle chacun de vous à s'engager avec lui et à assumer ses responsabilités pour bâtir la civilisation de l'amour.

Edito du 21 mars, cinquième dimanche de carême

PLONGER DANS LES ÉCRITURES...

Ce Vendredi 19 Mars, nous avons fêté St Joseph, cet homme juste que Dieu va solliciter pour être le père adoptif et « terrestre » de Jésus. Pour ce faire, on nous dit dans l'évangile que Joseph était visité, la nuit, dans son sommeil, par un ange qui lui rapporte la parole, et donc la volonté, de Dieu. Or, il s'avère que nous n'avons pas tous cette chance ! Pour ma part, je n'ai pas non plus, sur mon bureau, une ligne rouge qui me relie directement à Dieu pour écouter ce qu'il aurait à me dire ; c'est bien dommage mais comment faire, alors, pour se mettre à l'écoute de Dieu ? Certains pourraient être tentés de dire que Dieu est muet ou silencieux (c'est ce que l'on trouve dans certains chants) mais pour ma part je ne suis pas d'accord : ce n'est pas parce qu'on est sourd que l'on va reprocher aux autres d'être muets ! Pour sortir de cette surdité, le seul moyen vraiment efficace qui soit à la portée de tout le monde c'est de plonger dans les Ecritures ! L'immersion totale dans la Parole de Dieu telle que nous pouvons la trouver dans les différentes traductions Bibliques, dans nos missels, nos bréviaires, Prions en Eglise ou autres Magnificat...

Si nous prenons le temps de lire les Ecritures saintes, nous parviendrons à discerner que Dieu peut employer ce moyen pour nous parler ; quelquefois, un mot, une phrase ou une expression prend tout à coup du relief, me percute, m'interroge, me touche au moment où je les lie... Dans ce cas, je ferme les yeux et je médite sur cette parole reçue car elle m'est plus particulièrement adressée. En devenant des familiers de la Parole de Dieu, des Ecritures, en s'y plongeant régulièrement et joyeusement, comme on se plonge volontiers dans une mer chauffée par le soleil, nous allons faire une expérience tout à fait primordiale pour notre foi : LIRE C'EST ÉCOUTER. L'Écriture sera alors pour chacun un véritable trésor car Dieu ne cesse de s'y livrer et de nous y adresser sa Parole dans son Amour inlassable des hommes.

Laurent.

Edito du 14 mars, quatrième dimanche de carême

Mardi 23 mars, dans le cadre de la formation sur art et théologie, nous étudierons quelques sarcophages. Il y a bien sûr celui découvert dans la rue du Grand Madier en 1905 à La Ciotat, mais il y a aussi ceux de Saint-Victor que j'ai eu tout le loisir d'étudier il y a deux ans, alors que j'étais vicaire de la paroisse. Nous retracerons leur itinéraire depuis le lieu où ils ont été découverts jusqu'à aujourd'hui et le sens des scènes qui ornent leurs côtés. Nous ferons un détour vers Arles, qui connu sous le Haut Empire, cinq nécropoles principales et l'ensemble le plus important de sarcophages après Rome.

Voilà sous nos yeux, tout près de nous, les premières images chrétiennes. Lorsqu'un art chrétien va se développer dans l'empire romain vers le milieu du IIIième siècle, c'est d'abord dans le domaine funéraire, où le Christ apparaît sous une forme anonyme ou symbolique. Après la conversion de Constantin au début du IVième siècle, l'art chrétien sort des nécropoles et des catacombes pour donner lieu à un foisonnement d'images et de représentations. Peut être est-il bon si nous voulons fonder nos réflexion sur l'image et leur sens théologique de revenir à ces premières représentations. Ces sarcophages nous livrent la façon dont Jésus était prié dès les débuts du christianisme en Provence, de façon très touchante, ils immortalisent aussi dans la pierre les sentiments de ceux qui venaient de perdre leur proche parent ou leur ami. C'est là tout le sens du mot « symbole » qui consiste à établir un lien entre deux réalités bien distinctes : la terre et le ciel, le monde paléochrétien et le nôtre. Je vous invite cette fois à un voyage dans le temps pour découvrir notre chère Provence lorsque l'empire devenait chrétien... Mardi 23 mars, de 19H30 à 21H00, OEuvre de Jeunesse. Pour ceux qui ont manqué les dernières conférences sur « art et théologie », retrouvez les comptes-rendus vidéo des dernières rencontres sur le site de la paroisse : http://www.paroisse-ciotat-ceyreste.cef.fr/

Edito du 7 mars, troisième dimanche de carême

C.C.F.D L'argent comme lieu d'une expérience spirituelle

La gravité de la crise économique et sociale contraint à la révision de beaucoup d'assurances. Les remèdes que l'on peut imaginer pour tenter de sortir de la crise et pour inventer de nouveaux modes de consommation et de production sont complexes. Pourtant l'enjeu que représentent ces nécessaires réformes n'est pas uniquement ‘technique', il est aussi spirituel. Derrière ces réformes, se dit notre propre rapport collectif à l'argent, à la propriété et, finalement, au lien social. La richesse des relations humaines à laquelle l'argent devrait être ordonné porte le beau nom ‘d'amitié'. Tous ceux qui ont vécu dans la rue le savent : la galère commence le jour où je n'ai plus d'ami vers qui me tourner... C'est justement ce que l'intendant malhonnête de la Parabole a compris et qu'il cherche à éviter ! Soit, dira-t-on, mais en quoi la subordination de nos transactions marchandes à la qualité de nos relations humaines est-elle une expérience spirituelle ? Ces relations d'amitié, ultimement, sont le signe et la promesse d'une amitié à laquelle le Dieu des Evangiles nous invite, à condition d'entendre le ‘Mon ami...' qui m'est murmuré au plus intime. Mais bien sûr, à l'heure des comptes, la tentation est immense pour chacun de réclamer son dû, de ne plus vouloir parler à Dieu, ni à quiconque, comme un ami parle à un ami, mais comme un créancier. Manière de perpétuer la violence qu'ont déjà provoquée les pertes liées à nos erreurs de gestion. ‘Celui qui vaincra' ajoute pourtant la voix de l'Apocalypse, ‘je le ferai asseoir avec moi sur mon trône' De quoi peut-il s'agir, sinon d'une victoire sur la tentation de rester sourd à la promesse de l'amitié que murmurent toutes nos relations humaines ? A ceux qui le traverseront, Dieu ne promet rien de moins que son propre trône ! Le partage de sa souveraineté. Parce que lui, justement, ne nous considère plus comme des vassaux mais comme des amis (Jn 15,15).

Concrètement cela signifie que les institutions financières pourraient songer à imiter le mauvais gestionnaire de la parabole : de même que l'effacement de la dette des pays du Sud est devenu une nécessité, de même l'effacement de la dette des ménages pauvres piégés par le crédit à la consommation, est impératif si nous voulons préserver le lien social. Une priorité bien plus urgente que le sauvetage des acquis du système financier. Tout notre rapport à l'argent se dit dans cette priorité.

Gaël Giraud

En tant que chrétiens, nous avons une responsabilité particulière dans la bonne marche du monde. Le désastre économique qui se révèle aujourd'hui vient de l'avidité et de l'égoïsme de quelques-uns. Mais les solutions viendront aussi du changement de chacun, d'une conversion profonde. Si nous sommes l'ami du Christ nous sommes aussi l'ami des plus pauvres. Par cette amitié, nous serons transfigurés dans le Christ.

Quelques questions pour continuer notre réflexion personnelle au coeur de ce Carême :

Quelle est mon attitude face à l'argent ? Quelles sont les ‘richesses' que je privilégies? argent, situation, fidélité, amitié...

Edito du 28 février, second dimanche de carême

CONVERTISSEZ-VOUS !

Et un Carême de plus ! Les années se suivent et, comme chaque année, l'Eglise nous propose de vivre cetemps particulier qui nous prépare à la fête de Pâques : le Carême. C'est un temps de grâce ! Pour ouvrir, ce temps, nous avons entendu cette invitation : « Convertissez-vous et croyez en la Bonne Nouvelle ! » (Lors de l'imposition des Cendres). La conversion dont il s'agit ici ne sera pas le fruit de notre volonté, ni le fruit d'un dur labeur, ni d'efforts très intenses ; il s'agit d'un don de la grâce de Dieu. Par contre, ce qu'il nous appartient c'est de nous disposer à accueillir ce don de Dieu. « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe » dit le Seigneur (Apo. 3, 20) et même si cela ne demande pas un effort très violent, c'est à nous qu'il appartient d'entendre et d'ouvrir la porte... Alors voici quelques pistes pour bien vivre ce carême 2010 et mieux recevoir tous les dons, toutes les merveilles que Dieu a prévus pour chacun de nous. Nous connaissons tous la trilogie classique de la prière, du jeûne et de l'aumône qui nous a été rappelée à l'évangile du mercredi des Cendres. A propos de la prière, on peut bien sûr prier chez soi, on peut aussi participer aux différents temps qui sont proposés sur nos paroisses, à savoir : les messes dominicales, évidemment, les messes quotidiennes à 8h30 à St Joseph et celle du Mercredi à 17h30 à Ceyreste, il y a aussi le temps d'adoration du St Sacrement le Vendredi matin, après la messe, de 9h à 9h45 sans oublier les temps de prière du carême les mercredis soirs (voir ci-dessous). Toujours dans le cadre de la prière, ne négligeons pas le sacrement de la réconciliation : ce merveilleux sacrement où Dieu nous rappelle qu'il nous aime au-delà de tout ce qui pourrait nous éloigner, voire nous séparer, de lui. Pour méditer sur ce Carême 2010, relisons aussi Matthieu 5, 17 - 48 : nous y trouverons les Paroles par lesquelles Jésus Christ scelle la Nouvelle Alliance : Vous avez appris qu'il a été dit ... et moi je vous dis ... Tout ce qui suit ce « je vous dis » peut être sujet à une profonde réflexion et méditation car tout ce que Jésus nous dit là, nous rappelle les exigences de l'amour, et, finalement une part de l'effort qu'il nous faudra librement consentir pour « ouvrir la porte » au Dieu d'Amour qui tient à demeurer en nous. Car, nous l'aurons compris, la Conversion, finalement n'est rien d'autre que de se rapprocher de Dieu, ou permettre à Dieu de se faire proche de nous. C'est dans l'intimité de cette relation que nous pourrons bénéficier de tous ces fruits de l'Esprit qu'évoque Paul dans l'épître aux Galates (Ga 5, 22 - 26) : l'amour, la paix, la joie, la patience, la bonté, la bienveillance, la maîtrise de soi, la confiance dans les autres. A chacun de nous de juger et surtout de prendre les moyens qui vont nous aider à nous disposer à accueillir tout cela : que le Seigneur nous accorde la grâce d'une belle, grande et réelle conversion, afin que nous lui soyons toujours plus semblables.

Laurent.

Edito du 21 février, 1er dimanche de carême

Le 23 février, mardi prochain se déroulera comme chaque mois, notre cycle de réunion, autour de l'art et de la théologie. Nous étudions un aspect de notre foi en l'éclairant par une oeuvre d'art, peinture, dessin, bas relief, sculpture ou séquence de film. Nous avons commencé avec la doctrine des fins dernières éclairée par les tableaux de la peste de l'église Notre-Dame, nous avons poursuivi avec le sacrement du mariage en nous appuyant sur un tableau de Jean Van Eyck. En ce temps de carême, il convenait de nous attarder sur le thème de la passion. Nous ne verrons pas toute la passion mais seulement une scène. La prière angoissée de Jésus dans le jardin des Oliviers. Et nous verrons comment cette scène a été rendue dans deux films. Alors accrochez vos ceintures parce que nous allons faire un voyage qui nous conduira au coeur de notre foi !

Les questions que les artistes se sont posées en réalisant ces films sont d'ordre christologiques. Elles sont relatives au rapport, entre elles, des deux natures (humaine et divine) dans la personne du Verbe Eternel. Cette union des deux natures, Saint Thomas d'Aquin lui a donné un nom : l'union hypostatique. Les réalisateurs n'ont pas été choisis au hasard. Ils ont vu dans cette scène de l'angoisse de Jésus dans le jardin des Oliviers le thème central de leur film et ont évoqué, à leur manière, leur vision du Christ.

Si on prend un peu de hauteur par rapport à notre thème de mardi, un constat s'impose : le Christ fut et continue d'être le bien-aimé des arts visuels. Comme la Bible est sans conteste, chiffres en main, de tous les livres du monde, le livre le plus traduit, dans le plus grand nombre de langues, et le plus édité, il se pourrait que, de tous les sujets de l'art, Jésus soit celui qui fut le plus souvent traité, depuis des siècles ! La vie et l'oeuvre de Jésus-Christ, l'effet d'attraction du mystère de sa personne et de sa double nature, les possibilités de contemplation, ont constitué pour l'art, depuis ses origines, au lendemain de la résurrection, jusqu'à nos jours, une source d'inspiration qui semble inépuisable !

A mardi, pour un voyage au coeur de notre foi !!!

Julien

Edito du 14 février, sixième dimanche du Temps Ordinaire

Cette année, nous réécoutons St Paul dire aux Corinthiens :

« Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2 Co 5, 20b). La réconciliation est un thème habituel du temps de Carême. C'est l'appel incessant des prophètes qui invitent à revenir à Dieu : à laisser les idoles c'est à dire tout ce qui petit à petit a pris la place de Dieu dans notre vie, dans coeur, à redécouvrir l'amour que Dieu a pour son peuple et l'alliance qu'il veut renouveler avec lui. C'est le message de Jean Baptiste de notre Avent : revenir au Seigneur en abandonnant nos mauvaises oeuvres et en redécouvrant une plus juste relation à l'autre dans notre vie de tous les jours. C'est le coeur de la mission du Christ : réconcilier tout en lui, tout attirer à lui et remettre la création renouvelée à son Père. C'est aussi un thème lié au saint curé d'Ars et à l'année sacerdotale qui nous proposée cette année. Comme tous les baptisés, nous sommes (les prêtres) invités à écouter et à vivre pour nous-mêmes cet appel et à le transmettre. Mais, nous avons aussi de manière spéciale, comme St Paul, le devoir de relayer cet appel à nos communautés et la grâce de célébrer le sacrement qui remet en communion avec le Seigneur et avec les autres...

Edito du 7 février, cinquième dimanche du Temps Ordinaire

Homélie de la Messe du 2 février à St Victor

Le grand personnage de cette scène de la Présentation de Jésus au Temple, quarante jours après sa

naissance, est l'Esprit Saint. «L'Esprit Saint était sur lui. L'Esprit lui avait révélé qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Messie du Seigneur. Poussé par l'Esprit, Syméon vint au Temple». Tout ce que Syméon dit de l'enfantlui vient de l'Esprit. Et voilà que, poussé par l'Esprit, Syméon décrit ainsi à Marie la mission de Jésus : «Vois, ton fils, qui est là, provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera signe de division. Et toi-même, ton coeur sera transpercé par une épée. Ainsi seront dévoilées les pensées secrètes d'un grand nombre». Syméon voit déjà ce moment de la croix de Jésus, ce moment où Marie sera éprouvée dans sa chair de mère, ce moment où du haut de la croix seront vaincus, en Jésus, la haine par le pardon, le désespoir par la confiance, la mort par la résurrection à venir. Les pensées secrètes de Dieu sont révélées : il est un Dieu pour l'homme, un Dieu proche des souffrants, un Dieu pardonnant, prenant le visage du rejeté pour qu'aucun des rejetés d'ici-bas ne se sente exclu de l'amour de Dieu pour lui, un Dieu vainqueur de la mort. Du haut de la croix, les pensées secrètes d'un grand nombre sont révélées : les pensées de ceux qui ont eu peur de Jésus, peur de l'écho favorable qu'il trouvait auprès des petits, peur qu'il prenne leur place, peur de l'annonce d'un Dieu de miséricorde et de tendresse, peur de la remise en cause des comportements moraux et sociaux, peur de quelqu'un qui disait qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime ! Jésus lumière du monde, Jésus sauveur, Jésus dont la vie, les paroles, les actes dévoilent les pensées secrètes d'un grand nombre. Et voilà que Jésus nous renvoie à nos pensées secrètes, à notre conscience, à ce que nous faisons de nos vies et dans nos vies. C'est là que l'Esprit poursuit son oeuvre de salut pour que nos pensées soient des pensées de paix, de fraternité, de service des plus pauvres, de confiance et d'écoute de Dieu. En quelque sorte, nous aussi, ce matin, nous venons présenter nos vies au Seigneur, dans son Temple, son Eglise, nos vies personnelles et celle de notre communauté chrétienne vivant ici dans ce diocèse de Marseille. Et le Seigneur emprunte toujours le même chemin pour nous éclairer, celui de la présence et de l'oeuvre de son Esprit Saint en nous. Oh ! mes amis, je pense que ce qui nous manque le plus, c'est de nous arrêter, de nous mettre à l'écoute de l'Esprit, d'examiner les pensées secrètes de nos coeurs, de lui laisser les purifier, les réorienter, les guérir. Oui, qu'est-ce qui secrètement nous pousse dans la vie, nous guide, explique nos choix, à quel qu'âge de la vie que nous soyons : jeunes ou plus âgés, situés diversement dans la vie et la société ? On ne peut pas faire ce qu'on veut de sa vie. Quand on est croyant, on sait que Dieu nous a confiés les uns aux autres. On sait qu'il nous appelle à devenir des fils et des frères. Ce matin, demandons-nous où nous en sommes de notre relation à ce Dieu d'amour de qui vient toute vie. Demandons-nous si nous vivons vraiment pour les autres. Demandons-nous où nous en sommes de nos pensées secrètes, elles qui, mal orientées, peuvent diviser, opposer, tuer. L'état du monde nous montre assez ce combat entre ceux qui ne pensent qu'à leurs intérêts et ceux qui pensent en premier aux autres. A vrai dire, ce combat est en chacun de nous. A des moments, nous construisons la civilisation de l'amour, à d'autres, celle de la mort. Oh ! mes amis, c'est d'abord en chacun de nous que la lumière de l'Esprit doit faire son oeuvre et nous aider à discerner ce qui humanise et ce qui déshumanise. En notre monde, il y a beaucoup de Marie dont le coeur est transpercé par l'épée : celle de voir le sort de leurs enfants, mal logés, mal nourris, mal soignés, mal instruits, mal traités, mal accueillis, mal dans leur peau. Il y a beaucoup de Marie comme impuissantes au pied de la croix de leur fils, si ce n'est qu'au-delà de la souffrance et de la mort, elles gardent leur confiance en Dieu et 'appuient, comme Marie, sur la présence de quelques proches, solidaires et fraternels. Alors, Eglise de Marseille, fais-toi proche de ceux et celles qui n'en peuvent plus d'espérer, laisse l'Esprit de Dieu purifier tes pensées secrètes, sois une actrice de fraternité et de justice dans cette société marseillaise si brassée et fragile, brise les verrous de la haine ou de la peur, sois généreuse, vis pour les autres et, alors, ta lumière brillera, la lumière de Celui qui est venu pour que les hommes aient la vie et l'aient en abondance. Amen.

+ Georges Pontier Archevêque de Marseille

Edito du 31 janvier 2010, quatrième dimanche du Temps Ordinaire

Aujourd'hui, nous avons la suite de l'évangile de la semaine dernière : Jésus revient à Nazareth et il retrouve ses habitudes : aller à la synagogue pour le sabbat et y lire la lecture des prophètes. Jésus revient à Nazareth et les habitants restent sur leurs habitudes : ils connaissent tout de Jésus, sa famille, sa vie paisible au milieu d'eux. Rien de nouveau ne peut les atteindre : Jésus n'a pas pu se révéler ailleurs, Dieu n'a pas pu confirmer sa mission ailleurs, mieux vaut le précipiter, c'est bien trop tard pour le suivre, pour le redécouvrir... et déjà, s'annonce la croix. Aujourd'hui, nous écoutons l'évangile, nous prions : Jésus revient frapper à la porte de notre coeur puisque nous l'y invitons, c'est là son habitude. Mais quelles sont nos habitudes ? lui répéter tout ce qui ne va pas bien pour nous ? écouter d'une oreille distraite la célébration ? en rester à ce que nous avons découvert de lui ? nous contenter du lien que nous avons tissé ? Et si nous laissions entrer du nouveau : si nous guettions dans les lectures, dans l'homélie la parole qui va nourrir notre journée, notre semaine ; si nous acceptions de faire silence dans notre coeur pour l'écouter lui, si nous sentions son désir de s'approcher un peu plus de nous. Alors, ce serait -aujourd'hui encore la Parole qui s'accomplit... pour nous.

Michel

Edito du 24 janvier 2010, troisième dimanche du Temps Ordinaire

Au cours du siècle dernier, la réconciliation des chrétiens a pris des formes très diverses : l'importance de la prière, la recherche théologique et les nombreux accords doctrinaux, la coopération pratique dans le champ social et la question de la mission. Il ne va pas de soi pour tous d'associer la démarche missionnaire et le souci de l'unité des chrétiens. Historiquement, c'est souvent pour des raisons pratiques que la question de l'unité des chrétiens s'est posée aux missionnaires : éviter une concurrence inutile alors que les besoins humains et matériels étaient immenses. Mais des missionnaires issus d'Eglises différentes ont pu aussi conjuguer leurs efforts pour réaliser de nouvelles traductions de la Bible. Sans nier les rivalités entre missionnaires envoyés par les différentes Eglises, il faut reconnaître qu'ils furent peut-être les premiers à prendre la mesure de la tragédie que représentait la division des chrétiens. Pouvait-on se permettre d'exporter les divisions de l'Eglise auprès des peuples qui découvraient le Christ ? Les nouvelles Eglises locales ne pouvaient manquer d'être saisies par le décalage entre le message d'amour dont elles voulaient vivre et la séparation effective des disciples du Christ. C'est durant l'été 1910 que se réunirent dans la capitale écossaise les délégués officiels de sociétés missionnaires protestantes auxquels s'était joint un invité orthodoxe. N'ayant aucune vocation décisionnelle, la Conférence n'avait d'autre but que d'aider les missionnaires à se forger un esprit commun et à coordonner leurs entreprises. Edimbourg fut choisie comme lieu de ce rassemblement : les Eglises protestantes écossaises étaient particulièrement actives dans la mission, et elles étaient réputées pour l'attention portée aux cultures locales.

C'est pour faire mémoire de ce jalon important dans l'histoire du mouvement oecuménique qu'il a semblé naturel de confier la préparation de cette Semaine 2010 aux Eglises chrétiennes d'Ecosse, alors qu'elles se préparent activement à célébrer l'anniversaire de la Conférence de 1910 autour du thème : « Témoigner du Christ aujourd'hui ». Dieu qui a manifesté ta présence dans notre histoire, nous te rendons grâce de nous avoir accompagnés et donné ton Fils pour révéler ton amour. Guide les pas de tous les témoins de l'Evangile vers l'unité parfaite. Dieu qui ne nous abandonne jamais, nous te rendons grâce pour notre expérience du Christ ressuscité. Sur les chemins de la vie, à chaque rencontre, suscite en nous la compassion d'accueillir l'autre et d'être à l'écoute de son histoire. Ravive notre désir d'annoncer ta Parole, qu'elle illumine et brûle notre coeur de témoin. Accordenous le courage de nous rendre vulnérable, afin que les frères et les soeurs rencontrés puissent par nous te connaître et que nous puissions par eux te découvrir. Dieu de qui vient tout don parfait, nous te rendons grâce car tu ne cesses depuis les origines de susciter de génération en génération cette nuée de témoins qui nous ont transmis la foi des apôtres. Donne-nous d'être inventifs et fidèles à cet héritage de foi pour ouvrir ensemble les voies nouvelles de l'Evangile. Dieu de compassion, nous te rendons grâce parce que tu as réconcilié le monde par la croix de ton Fils. Fais croître en nous la foi, qu'elle soit notre force pour être, dans le Christ et à son exemple, toujours plus solidaires des personnes dans leur vie, dans leur souffrance.

Prière d'engagement Seigneur, prends-nous là où nous en sommes actuellement et conduis-nous où tu veux que nous allions. Fais que nous ne soyons pas seulement les gardiens d'un héritage, mais les signes vivants de ton règne qui vient. Enflamme-nous de ta passion pour la justice et la paix parmi tous les peuples. Remplis-nous de la foi, de l'espérance et de l'amour qui donnent corps à l'Evangile et fais-nous UN dans la puissance de l'Esprit-Saint : que le monde croie, que ton nom soit sanctifié dans notre Nation, que ton Eglise puisse être reconnue effectivement réunie en un seul corps. Nous nous engageons à t'aimer, à te servir et à te suivre non comme étrangers les uns aux autres, mais comme des pèlerins. Amen.

Edito du 17 janvier 2010, second dimanche du Temps Ordinaire

Semaine de prière pour l'unité des chrétiens

Souvent a été médité le dernier discours de Jésus avant sa mort dans l'Evangile de St Jean. Cet ultime testament souligne l'importance de l'unité des disciples du Christ pour la mission : «Que tous soient un... afin que le monde croie». Les Eglises d'Ecosse ont choisi de nous faire entendre cette année le dernier discours du Christ ressuscité avant son Ascension, qui s'achève par ces mots : «Le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. De tout cela, c'est vous qui êtes les témoins» (Luc 24)

On devine que la manière de témoigner de Marie Madeleine, de Pierre ou des disciples d'Emmaüs ne sera pas identique. Et pourtant, c'est bien la victoire de Jésus sur la mort que tous mettront au coeur de leur témoignage. La rencontre personnelle avec le Ressuscité a radicalement changé leur vie et une même évidence s'impose à eux : de tout cela, il nous faut être témoins. Leur récit aura des accents différents, parfois même des dissensions pourront naître entre eux et pourtant tous oeuvreront à l'annonce de la Bonne Nouvelle. Dieu en qui nous mettons notre Espérance, nous te louons pour la promesse de Jésus : «Et moi, je suis avec vous pour toujours, jusqu'à la fin du monde.» Vois les doutes qui assaillent nos coeurs sur le chemin de l'unité chrétienne. A l'exemple des pionniers de l'oecuménisme, donne-nous le courage de dénoncer ensemble nos craintes actuelles et la clairvoyance pour retrouver en cette année 2010 la confiance sur le chemin de l'accomplissement de ta volonté.

Plaidoyer pour la simplicité liturgique

Jésus Christ, à la base, ne nous a pas légué des gestes très compliqués ; ce sont des gestes plutôt simples : « il prit le pain, il rendit grâce, le rompit et le leur donna » ; « il prit le vin, dit la bénédiction et le leur donna ». Les paroles qui accompagnent ces gestes ne sont guère plus compliquées : « Prenez et mangez, ceci est mon corps » ; « Prenez et buvez, ceci est mon sang ». Là est le coeur, l'essentiel du mystère de l'eucharistie où tout le reste pourrait paraître superflu. La célébration et la participation à un tel mystère est très exigeant : il demande une foi toute aussi simple et profonde pour apprendre à reconnaître et accueillir le Dieu qui se communique là, à travers des gestes et des paroles si simples. Pourtant, au fil du temps, autour de ces gestes et de ces paroles, les hommes se sont sentis obligés d'enrichir les rites qui étoffent cet essentiel, à grand renfort d'encens, de clochettes, de dévotions et d'autres gestes nés de traditions plus ou moins récentes, pensées ou ressenties... comme si la simplicité des paroles de base était tout simplement inacceptable. L'homme a besoin d'incarner ces rites, de se les approprier, ce qui a fait naître des formes diverses et variées pour accompagner la célébration de la messe. Il y a là un enjeu très important : celui de l'acculturation ; ce besoin vital pour l'homme d'ancrer dans sa culture, dans son temps et dans ses us une manière parlante de vivre et de célébrer le mystère eucharistique pour lui et ses prochains. Quelle façon de célébrer est la meilleure ? Aucune et toutes à la fois ! Dans la mesure où chacune a pu remplir ce rôle au moment où elle devait de faire. Aussi, plutôt que de sombrer dans un douce et regrettable nostalgie, ce qu'il nous reste encore à construire, à accomplir c'est quelle est la meilleure manière de rendre accessible la grandeur de ce don de Dieu, au plus grand nombre, aujourd'hui. La simplicité de Celui qui a institué ces mystères ne peut que nous aider dans ce travail ou cet effort pédagogique car elle ne peut qu'être au service de ce superbe sacrement, associée à une bonne connaissance de notre monde et des gens. Pour que les mots de son Amour puissent être accueillis de tous : hommes, femmes, enfants, adolescents, jeunes, adultes et anciens ; et que tous puissent rendre gloire à Dieu comme il se doit.

Laurent

Edito du 10 janvier 2010, Premier dimanche du Temps Ordinaire

Vous connaissez tous ce film, vous en avez entendu parler ou vous êtes allés le voir : 0Avatar, film à grand succès sur les affiches en ce début d'année, et encore pendant longtemps, compte tenu de son audience. Nous avons assisté à son avant première, Michel, Laurent et moi, équipés des lunettes, pour le voir en 3D. La salle, plongée dans l'obscurité, pendant 2H40 environ était plus recueillie qu'à la messe ! Et ce n'est pas étonnant ... le réalisateur nous entraîne avec passion dans son monde baigné de magie, sous la protection de la déesse Aiwa, la mère nature qui relie tous les êtres entre eux. Il n'y a qu'une créature qui échappe à cette belle harmonie, c'est l'homme, venu s'emparer de ses ressources minières, au grand dam de ses habitants, les Navis, des créatures humanoïdes, bleues, de plus de 3 m, qu'on ne risque donc pas de prendre pour des schtroumfs. C'est une belle fable écologique, qui milite pour la protection de notre monde. On regrettera seulement que l'homme ne parvienne pas à y trouver sa place. Du début jusqu'à la fin, l'homme est celui qui tue, vole, pille les ressources de cet univers, met le feu à ce monde merveilleux. Et le héros parvient même à abandonner sa nature humaine, à la fin du film, pour devenir Navi lui-même. Comme s'il n'y avait pas d'autre alternative pour l'homme que celle de quitter la planète ou de devenir autre. Voilà donc, me semble t-il une écologie qui manque un peu d'équilibre. On peut y voir deux Amériques : d'un côté une Amérique qui souhaite continuer à polluer, freinant des 4 fers pour échapper à une réglementation qui serait pourtant nécessaire (comme nous l'avons vu au Sommet de Copenhague) ... et de l'autre une Amérique qui bascule dans une écologie quasi religieuse (comme dans ce film), laissant peu de place à l'homme et à son désir d'entreprendre.

Mais les Etats-Unis sont ils armés pour pouvoir affronter un tel débat ? Plus que les français, ils sont marqués par des courants religieux de théologie protestante. Une théologie qui a vu le jour au XVIième siècle avec Luther. Pour faire bref, jusqu'à Luther il était communément admis qu'après la chute d'Adam, l'homme avait été soumis au pouvoir du péché et de la mort, des maux éternels tels qu'ils ne peuvent être surmontés par les seules forces de l'homme. Pour Luther, la nature humaine a été plus que blessée, par le péché originel, elle a été irrémédiablement corrompue ! Si l'homme est sauvé, pour Luther, c'est uniquement par sa foi, sans participations de ses oeuvres. L'homme est justifié par sa foi, c'est-à-dire, recouvert du « manteau de la justice » mais il reste corrompu par le péché jusqu'aux racines de son être et incapable de faire le bien (ce qu'en théologie protestante, on appelle la « justification forensic »). Alors on comprend mieux le pessimisme de ce film et comment on en arrive à opposer l'homme au reste de la création ! Avatar, n'en reste pas moins un beau film, très émouvant. Cependant je doute que sur la question de l'écologie, il apporte autre chose que des émotions. Dans ce film, l'homme ne trouve pas sa place. Il est une fausse note, incapable de s'accorder à la poésie du monde des Navis. Mais est-ce que la création n'est pas bonne dès l'origine, et la créature humaine « très bonne », capable de sainteté ? Julien

Avatar est un film de science-fiction de James Cameron tourné en 3D Relief, sorti en France le 16 décembre 2009. L'action se déroule sur la planète Pandora et traite du choc entre des humains venus ici exploiter un minerai rare et susceptible de résoudre la crise énergétique sur Terre (nous sommes en 2154), et la population autochtone, les Na'vi qui vivent en parfaite symbiose avec leur environnement et tentent de se défendre face à l'invasion. Un programme est créé par les terriens, le programme Avatar qui va leur permettre de contrôler des corps Na'vi clonés associés à des gènes humains, afin de s'insérer dans la population et de tenter de négocier avec elle, dans la mesure où le clan « Omaticaya » est installé dans un gigantesque arbre-maison situé sur un des principaux gisements de ce minerai dénommé Unobtanium. Le personnage central de l'histoire est Jake Sully, un marine paraplégique qui, via son avatar, va devoir choisir son camp... avec le destin de la planète en jeu.

Edito du 3 janvier 2010, Epiphanie du Seigneur

Pour que le monde soit plus beau, Seigneur, je voudrais allumer des étoiles dans la nuit. Une étoile du regard pour un peu de lumière dans le coeur de ceux à qui personne ne fait jamais attention. Une étoile d'écoute pour un peu de chaleur dans le coeur de ceux à qui personne ne donne de temps. Une étoile de parole pour un peu de joie procurée par quelques mots d'encouragement, de merci, de tendresse. Une étoile de service pour un peu de partage avec des mains qui se tendent, qui travaillent, qui s'unissent. Une étoile de parfum pour respirer à fond la vie, pour admirer et ressentir les merveilles qui nous entourent. Je voudrais, Seigneur, allumer juste quelques petites étoiles pour conduire le monde jusqu'à toi. Danielle Sciaky

Message de Benoît XVI pour le 1er janvier 2010 "Si tu veux construire la paix, protège la création".

Il est indispensable que l'humanité renouvelle et renforce l'alliance entre l'être humain et l'environnement, qui doit être le miroir de l'amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons. La mise en place d'une solidarité inter-générationnelle loyale semble en effet urgente... L'usage des ressources naturelles devrait être tel que les avantages immédiats ne comportent pas de conséquences négatives pour les êtres vivants, humains et autres, présents et futurs ; que la sauvegarde de la propriété privée ne fasse pas obstacle à la destination universelle des biens ; que l'intervention de l'homme ne compromette pas la fécondité de la terre, pour le bien d'aujourd'hui et celui de demain. L'urgente nécessité morale d'une solidarité intra-générationnelle renouvelée doit être réaffirmée, spécialement dans les relations entre les pays en voie de développement et les pays hautement industrialisés... Il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d'énergie et améliorant les conditions de son utilisation. Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l'application d'énergies dont l'impact environnemental est moindre Il est de plus en plus clair que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique... Il est important que chacun s'engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers.

Que nous souhaiter les uns les autres, en ce début d'année ? la santé, sans doute ; mais aussi la joie de vivre pleinement les liens que nous tissons avec les autres ; la paix dans notre coeur, autour de nous et à travers le monde...

Edito du 27 décembre 2009 ... Noël

QUI S'EN SOUCIE ENCORE ?

Le mois de Décembre est toujours un mois où l'on peut observer une grande agitation, une grande effervescence. Dernier mois d'un premier trimestre de 4 longs mois, on y parvient toujours avec une certaine fatigue physique parfois, nerveuse certainement... Et pourtant, pas de répit, il faut acheter les cadeaux (véritable casse-tête et casse porte-monnaie) et choisir les ingrédients qui permettront la réussite d'un bon grand repas de fête : il le faut bien, on n'a pas vraiment le choix : c'est NOEL ! A cette occasion, on maintien devant le regard brillant d'enfants trop crédules la tradition d'un bon vieux monsieur barbu habillé tout de rouge qui viendrait livrer des cadeaux sur commande... Sorte de générosité par procuration qui dure tant que les enfants y croient... A cette occasion, on parvient a réunir des familles ; on parvient à se supporter, on parvient quelquefois à se réconcilier, à se parler, à se voir. Les belles-mères supportent vaillamment leurs gendres où leurs belles-filles... et vice-versa, on parvient à faire quelques efforts, le temps d'un repas mais attention pas n'importe lequel, le repas de NOEL ! A cette occasion il y a aussi quelques originaux (et ils demeurent encore relativement nombreux) qui obéissent à un comportement bizarre : ils interrompent leur repas pour aller assister à une messe dans ne église ! Et si parmi ces gens il y en a qui le font régulièrement, d'autres ne le font qu'à cette occasion : qu'à l'occasion de NOEL ! C'est à cause de ces gens bizarres que l'on en arrive à se demander : mais c'est quoi finalement NOEL ? Si l'on pose la question aux enfants, ceux qui participent au catéchisme ou à l'aumônerie répondront peut-être : c'est la naissance de Jésus !

Ah oui, effectivement, on peut alors se rappeler qu'à l'occasion du solstice de l'hiver, fin décembre - en général le 25 - au cours d'une fête que tout le monde appelle « NOEL », les chrétiens fêtent la naissance de Jésus Christ ; cet événement majeur de l'histoire de l'humanité et de l'histoire du salut où Dieu fait le choix de rejoindre notre humanité en devenant l'un de nous ! C'est ce qu'on appelle dans notre jargon théologique l'INCARNATION.

Est-ce que vous pouvez imaginer ça vous ? Un Dieu suffisamment fou pour quitter ses privilèges divins afin de venir joyeusement galérer au milieu de notre humanité si bouillonnante ! Un Dieu trop amoureux des hommes pour se contenter de les regarder de haut : un Dieu qui vient parler d'homme à homme, d'égal à égal... Un Dieu Tout-puissant qui accepte de passer par la si grande vulnérabilité et fragilité de la naissance humaine et qui, à cette occasion, s'en remet, dans une confiance aveugle, entre les mains d'autres hommes. Un Dieu qui veut rétablir une proximité avec l'homme et approfondir sa relation avec lui. Un Dieu qui rappelle que la vocation fondamentale et la grandeur de l'homme réside dans l'AMOUR. Un Dieu qui dans son humanité va être rejeté, maltraité, condamné à mort et exécuté sur une croix et pourtant, loin de subir tout ces évènements, c'est le chemin qu'il va librement consentir pour nous dire, bien audelà des mots, toute la grandeur de son amour des hommes, de sa passion pour l'humanité ! En connaissez-vous beaucoup des Dieux capables d'en faire autant ou qui en aient fait autant ? Il n'y en a pas beaucoup, il n'y en a qu'Un seul. C'est le même qui nous attend, près de 2000 ans plus tard, son amour n'est pas moins fort, sa passion n'est pas éteinte... Certaines gens, un peu originaux, l'ont compris et viennent puiser à la source de cet amour divin au c o u r s des célébrations proposées ici et là, dans des églises. Mais au coeur de nos agitations, de nos soucis, de nos problèmes, de nos richesses parfois trop aveuglantes, de nos culpabilités parfois trop pesantes, de nos activités tellement prenantes, de notre indifférence, d'une laïcité quelquefois reniante, dans le cours de cette vie si passionnante, si trépidante, qui s'en soucie encore ? Mais qu'on se rassure, Dieu, lui, ne peut pas se renier. De son côté, il se souciera toujours de nous !

Laurent.

Edito du 20 décembre 2009, quatrième dimanche de l'Avent.

arcabas visitationC'est un tableau de la rencontre : Deux visages qui se regardent, Deux corps qui s'enlacent, les bras tout en mouvement d'étreinte, les jambes tout en avancée. Elizabeth accueille chez elle Marie à bras ouverts. Marie se précipite toute à la bonne nouvelle de sa vieille cousine enfin enceinte. Avec elle, elle veut se réjouir de la joie qui l'habite elle aussi. Tout est grâce dans la rencontre de ces deux femmes : leurs mouvements, la joie sereine des visages. Tout est Paix dans le partage de la Bonne Nouvelle. Car dans cet échange entre ces deux femmes éclate le secret de la naissance. Deux croix d'or se rencontrent sous l'arche des bras enlacés. Celui qui sera Jean-Baptiste tressaille en sa mère et de ses entrailles monte la reconnaissance du Sauveur. L'Ancien et le Nouveau se font écho et brillent tout deux du même amour de Dieu. Car dans cet échange entre ces deux femmes éclate le secret de la parole. Des paroles d'Elizabeth vont jaillir le Magnificat de Marie C'est dans cet échange que Marie reçoit de dire ce qui lui a été annoncé. Magnificat ! C'est dans cet échange que celle qui portait la parole laisse la parole prendre corps en elle. Magnificat ! C'est dans la rencontre de l'autre que nos corps pourront laisser le Christ prendre chair en nous... Zacharie, le mari d'Elizabeth, se tient dans son coin, à gauche du tableau. Lui, le serviteur du temple, a perdu la parole. Lui, qui n'a pas cru aux paroles de l'ange, est devenu muet Il reste sur la pas de la porte. Il ne retrouvera la parole qu'à la naissance de son fils ce fils qui déjà parle dans le ventre de sa mère pour annoncer la venue de la Nouvelle Alliance. Zacharie, lui dont le nom signifie « Dieu se souvient », garde la maison de l'Ancienne Alliance. Il sait maintenant que c'est son fils Jean qui sera le prophète du passage, son fils dont le nom signifie « Dieu fait grâce ». Car il sait lire sur le visage des deux femmes cette grâce de Dieu à l'oeuvre dans le monde. Il pressent alors cette nouvelle page qui s'annonce Et qui semble, en bas à droite du tableau, se tourner dans le pan du manteau de Marie... Pascal Sevez s.j.

Marie, fais de nous des jardiniers de l'Amour ! Marie, à Nazareth, tu as voulu servir en toute humilité. Avec Elisabeth, tu as su partager ta joie avec empressement. Donne nous le sens de l'humilité, de la douceur et du partage. Marie, tu as cherché ton Fils et enfin tu L'as trouvé au Temple. Tu as écouté sa Parole pour vivre dans la joie. Donne-nous la sérénité pour chercher et écouter ton Fils. Marie, à Cana tu t'es souciée de la fête des hommes. Au Calvaire, tu as accueilli la source de toute Vie. Au pied de la Croix, tu t'es ouverte à tous les hommes. Donne-nous la soif de vie, l'ouverture et le souci des autres ! Marie, tu as été la jardinière de l'amour, en cultivant tout ce qui fait fleurir le jour; humilité, douceur, partage et sérénité, ouverture aux Paroles de ton Fils et à l'humanité. Fais de nous des jardiniers d'amour et d'espérance ! Que nos graines de violence deviennent semences de confiance ! Pierre Pythoud, msc

Edito du 13 décembre 2009, Troisième dimanche de l'Avent.

L'Eglise nous aide à nous préparer aux fêtes de Noël en méditant sur la Vierge Marie. La fête del'Immaculée Conception le 8 décembre, Les évangiles qui seront lus en semaine à partir du 17 décembre, et celui du 4ème dimanche de l'Avent ... la liturgie focalise notre regard vers Marie et nouspropose de prier en compagnie de Marie. Elle aussi se prépare à accueillir le Sauveur, d'abord à Nazareth, puis chez sa cousine Elizabeth, enfin sur les chemins de Galilée, pour se rendre à Bethléem.

Mais concrètement, qu'est ce que cela signifie : prier « avec » Marie ? Tout simplement regarder Marie. Et la regarder prier. Marie, plongée dans la prière. Attentive aux battements du coeur du petit enfant qu'elle découvre en elle. Marie penchée sur le berceau ou tenant Jésus dans ses bras. Regardez Marie prier pour entrer dans sa prière et prier à sa façon. Comme la prière de Marie est celle d'une mère, sa relation à Dieu est toute maternelle, faite de confiance, de tendresse et de douceur, d'abandon dans la foi à la volonté de Dieu.

Vous me ferez peut-être cette objection : prier ainsi c'est du sentimentalisme religieux ! Se représenter les attitudes de prière de Marie ou de Jésus (en ce temps de l'Avent où Marie est rendue particulièrement attendrissante par l'Ecriture et surtout par la Tradition de l'Eglise), ce n'est pas poser des actes de foi mais tout simplement faire travailler notre imagination ! Mais la Parole de Dieu, elle-même, nous invite à prier avec Marie, (« par elle, avec elle et en elle », comme dit Saint Louis Marie Grignon de Montfort). D'une part parce que nous avons sa prière, son « fiat », son « magnificat », comme nous avons aussi celle de Jésus. Ce sont les mots et les expressions de sa prière pour qu'ils deviennent les nôtres ! D'autre part parce qu'au mystère du Christ en son union hypostatique, correspond le mystère de Marie en sa conception immaculée. La prière de Marie est un filon inépuisable que nous aurions tort de négliger. Ce qui est en Marie est inépuisable. C'est comme une mine inépuisable remplie de filons avec des richesses sans nombre. On a beau y puiser, on n'en voit jamais le terme.

J'insiste, ne craignez pas de regarder longuement Marie et Jésus. Parce que, les yeux fixés sur le Christ, auteur de notre foi et sur Marie, qui en est le modèle, l'âme est entraînée dans le déroulement et la participation à ses mystères. C'est par ce contact que doit maintenir un regard prolongé et pénétrant, que l'âme puise dans la prière et dans le coeur de Marie la science de l'amour divin. Paul écrit en effet aux Philippiens ces mots qui peuvent s'appliquer à Jésus comme à Marie : « Expérimentez en vous ce qui est dans le Christ Jésus ». Parce que la perfection chrétienne est dans ce regard et dans cette ressemblance. S'écarter de ces modèles de foi, représentés par les attitudes et les sentiments de Jésus et de Marie, c'est s'égarer en des voies détournées. Expérimentez donc, en vous, ce qui est dans la Vierge Marie !

En cette clarté du visage de Marie, nous trouvons sans cesse, consolation, patience, humilité, amour pour Dieu et pour le Christ, zèle toujours plus ardent pour le salut des âmes. Apprenons ou réapprenons, pendant cette période de l'Avent, à méditer sur Marie, faisons d'elle notre « Royaume ». Reprenons les Ecritures pour apprendre à mieux la connaître. Notre tradition provençale est également riche. Je vous invite à découvrir bientôt ces crèches, à Ceyreste, à Notre-Dame, et les crèches des enfants, comme à Saint-Jean et à l'Abeille. Elles révèlent les attitudes et les sentiments de tous les personnages de l'Evangile, et en particulier celui de Marie pour donner de la matière à notre prière. Julien

Edito du 6 décembre 2009, second dimanche de l'Avent.

Quelques axes des 57 propositions des Pères du Synode pour l'Afrique (24 octobre)

Les Pères synodaux en appellent à un plus fort exercice de la communion ecclésiale et de la responsabilité collégiale, qui puisse relancer la coopération interne à l'Eglise et raviver les structures existantes tout en en élaborant de nouvelles tels des conseils continentaux pour le clergé, le laïcat, la femme catholique. Ils lancent aussi un appel vibrant à tous ceux qui sont en guerre en Afrique et font tant souffrir leurs peuples, afin que cessent les hostilités et que tous se réconcilient...invitant la communauté internationale à soutenir fortement la lutte contre toutes les manoeuvres qui déstabilisent le continent africain. La protection de l'environnement a également été un sujet récurrent de l'assemblée. Les Pères stigmatisent une détérioration irresponsable et une destruction insensée de la terre, qui est notre mère. En complicité avec ceux qui exercent le leadership politique et économique en Afrique, certains hommes d'affaires, des gouvernements, des groupes de compagnies multinationales et transnationales conduisent des opérations qui polluent l'environnement, le patrimoine naturel et les forêts, y compris les mammifères, causant ainsi une érosion et une désertification sans précédent de larges zones arables. Sur le continent africain se trouvent 15 millions de migrants qui cherchent une patrie et une terre de paix. Les Pères synodaux constatent que le principe de la destination universelle des biens et les enseignements de l'Eglise sur les droits humains, la liberté de mouvement et les droits de travailleurs migrants sont de plus en plus violés par les politiques et les lois mondiales sur la migration au détriment des africains.

Invitant les Eglises locales à adopter les mesures pour faire connaître la Chartre du Saint-Siège sur la famille, les Pères dénoncent la banalisation de l'avortement, le mépris de la maternité, de la famille et du mariage, l'idéologie du divorce et de l'éthique relativiste. Ils condamnent aussi les actes de violence contre les femmes, le déshéritement des filles, l'oppression des veuves au nom de la tradition, les mariages forcés, les mutilations génitales, la traite des femmes, l'esclavage et le tourisme sexuel. Rappelant que le Sida est une des grandes pandémies comme le paludisme et la tuberculose qui déciment des populations africaines et compromettent gravement leur vie socio-économique. Les malades du Sida en Afrique sont victimes d'injustice car souvent ils ne reçoivent pas le traitement qualitatif fourni ailleurs. L'Eglise demande que les fonds alloués aux malades soient réellement utilisés à cet effet et recommande qu'ils reçoivent des traitements de qualité comme en Europe. L'Eglise voit comme un signe d'espérance l'opposition croissante à la peine de mort et ce Synode appelle à son abolition totale et universelle. Les Pères synodaux souhaitent une formation éthique des journalistes, pour la promotion d'une culture de dialogue qui évite la division, le sensationnel et la désinformation et la banalisation de la souffrance humaine, qui peuvent endommager l'harmonie et la paix des sociétés et des communautés.

Extraits de l'homélie de Benoît XVI pour la clôture du synode (25 octobre)

L'Eglise réconciliée est un puissant levain de réconciliation dans chaque pays et sur tout le continent africain". Il faut transmettre l'annonce de l'espérance selon une forme sacerdotale, c'est-à-dire en vivant personnellement l'Evangile, en cherchant à le traduire dans des projets et réalisations cohérentes avec le principe dynamique fondamental qu'est l'amour". Courage! Lève-toi, continent africain! Accueille l'annonce de l'Evangile avec un nouvel enthousiasme, pour que le visage du Christ puisse illuminer de toute sa splendeur, la multiplicité des cultures et des langages de tes peuples. Puisqu'elle offre le pain de la Parole et de l'Eucharistie, l'Eglise s'engage aussi à oeuvrer, avec tous les moyens possibles, pour qu'aucun Africain ne manque du pain quotidien. Ainsi, en plus du devoir prioritaire d'évangélisation, les chrétiens sont actifs dans les interventions de promotion humaine".

Edito du 29 novembre 2009, 1er dimanche de l'Avent.

Comme chaque année, ce samedi soir, nous entrons dans le temps de l'Avent par une célébration oecuménique à St Jean. Cette année, elle a pour thème ‘demeurer ensemble dans la maison de Dieu', c'est de fait ce que nous faisons dans ces temps de prières communs mais aussi ce que nous sommes invités à mieux vivre tout au long de l'année... c'est le but de la ‘maison' qui est donnée à chaque communauté dans ce temps de l'Avent. Ainsi, chaque dimanche, en ouvrant une fenêtre, nous découvrirons ce que fait une de nos 4 communautés chrétiennes pour vivre et annoncer l'Evangile, appel à prier pour les actions des autres et pourquoi pas à en décider des communes à réaliser ensemble.

Comment oublier que ‘demeurer ensemble dans la maison de Dieu' veut s'appliquer non seulement aux chrétiens mais aussi à toute la communauté des hommes ? Dans ce temps de l'Avent, qui nous est donné pour tourner notre coeur vers la venue du Christ, nous nous préparons à l'accueillir comme le Fils qui vient dans le monde (Noël) mais aussi comme celui qui vient dans la gloire manifester son Royaume. Que ce temps de l'Avent nous aide non seulement à nous réjouir de la visite de Dieu dans notre monde mais aussi contribuer pour notre part à la construction d'un monde où chacun à sa place, où chacun trouve maison et famille, où chacun peut goûter quelque chose de l'amour dont Dieu veut combler l'humanité.

Cette célébration d'entrée en Avent est comme une méditation sur ‘la maison' dans les Ecritures ; chacun, nous pouvons choisir l'un ou l'autre de ces textes pour trouver comment profiter de ce temps de l'Avent, pour programmer une action précise, pour orienter notre prière...

C'est d'abord l'image de la maison bâtie sur le rocher (Mathieu 7, 24-29) et qui résiste à la tempête. Bâtir notre vie sur le Christ, fonder en lui nos liens avec les autres, comprendre ce qui est vraiment important dans notre vie à sa lumière, voir les tempêtes de notre existence comme bien moins puissantes que notre attachement à lui, vivre notre vie en nous engageant vraiment... puis la rencontre de Jésus avec Zachée (Luc 19, 1-10) où le Seigneur s'invite chez Zachée. Notre maison est celle aussi qui reçoit le Christ et son salut, accueillons donc la joie de Zachée comme nôtre. Accueillir Jésus dans sa maison, c'est changer ; que fais-je changer dans ma manière de vivre ?

Comme celle de Zachée, ma maison est un lieu pour donner, pour échanger des dons... mais aussi le livre de l'Exode (20, 1.2.17) : Dieu prononça toutes les paroles que voici : «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage.... Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient.» Ainsi que cette Maison construite de pierres vivantes comme le dit St Pierre (1 P 2, 4-6) : Approchez-vous du Seigneur : il est la pierre vivante que les hommes ont éliminée, mais que Dieu a choisie parce qu'il en connaît la valeur. Vous aussi, soyez les pierres vivantes qui servent à construire le Temple spirituel, et vous serez le sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles que Dieu pourra accepter à cause du Christ Jésus. Et bien sûr le Psaume 132 Oui, il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d'être unis ! On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d'Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement. On dirait la rosée de l'Hermon qui descend sur les collines de Sion. C'est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie pour toujours.

Edito du 22 novembre 2009 :

Dimanche dernier avec l'Evangile qui parlait des petites feuilles du figuier annonciatrices de l'été, les paroissiens de St Jean ont été invités à mettre par écrit les signes qu'ils voyaient autour d'eux et en eux de la présence du Christ et de son royaume. Aujourd'hui où nous fêtons le Christ, roi de l'univers, les diverses expressions recueillies peuvent nous aider à voir comment cette royauté du Christ sur le monde se manifeste dès aujourd'hui :

Le développement des associations caritives, même sans relation avec les Eglises./ Regard fraternel envers les plus pauvres, comme celui du Christ / Visiter une parente malade / Beaucoup de chrétiens qui se lèvent pour dénoncer l'injustice / Des équipes de bénévoles au secours de la misère / Le sourire de ceux qui sont accueillis au Secours Catholique / Les bénévoles pour s'occuper des SDF, les maraudes dans les rues.

Le geste de paix et de réconciliation entre la France et l'Allemagne pour le 11 novembre, précurseur en espérance de paix ailleurs dans le monde. / La communication entre les peuples. Une dame qui rayonnait à Lourdes après avoir reçu l'onction des malades, exemple de foi et d'espérance./ Trouver sur sa route des personnes qui m'aident à retrouver le bon chemin, à faire le bon choix, des personnes qui prient pour moi. / Des jeunes chrétiens qui se rassemblent pour crier leur foi en Dieu et en la Vie / D'être rassemblés dans la maison de Dieu, d'avoir encore la foi en 2010.

Servir aujourd'hui ma famille / La naissance d'un bébé et son baptême / Fêter nos 50 ans de mariage et aussi celui d'un couple ami / La joie d'être ensemble en famille, l'amour qui y règne, pour nos enfants et petits enfants courageux et honnêtes. Les grâces reçues dans les sanctuaires (Paray le Monial) / Apprécier chaque jour comme un cadeau / La faculté de d'émerveillement, la curiosité chez les jeunes enfants pour le monde, la nature, l'environnement. / Les jeunes des cités qui donnent de leur temps pour ramasser les déchets qui traînent.

Il y avait aussi des intentions de prière : l'union des peuples, la paix spécialement au Proche Orient, les malades spécialement les enfants...

Edito du 15 novembre 2009 :

Le Secours Catholique à La Ciotat et Ceyreste : Faire rayonner concrètement la charité du Christ en apportant toute aide à la personne qui se présente sans négliger la dimension spirituelle et morale de sa vie, voilà notre objectif.

Accueillir, Ecouter, Aider, Accompagner, Soutenir,c'est ce que nous nous efforçons de faire .

Depuis le début de l'année nous avons accueilli et aidé 76 familles(245 personnes), une cinquantaine de personnes seules et de nombreux sans abri, ce qui fait plus de 300 personnes. Comme nous avons suivi les orientations du Secours Catholique, nous avons intensifié l'accompagnement des personnes, ce qui signifie : effectuer des démarches auprès des services sociaux, des administrations, des déplacements vers Aubagne ou Marseille avec les accueillis pour les inciter à s'investir et participer à cette action commune. Au cours de cet accompagnement, en fonction de la situation et sur une durée limitée, plusieurs aides peuvent être fournies :aides alimentaires, aides financières( transports, loyers, dettes diverses) et bien sûr des aides vestimentaires.

Les actions menées en 2009 ont été particulièrement enrichissantes pour les bénévoles :

durant l'hiver passé, avec l'aide d'une famille de notre communauté paroissiale, un jeune couple avec 4 enfants a trouvé un toit et un équilibre matériel et moral. Cet été, une autre jeune famille s'est trouvée mise à la rue et le réseau paroissial a encore permis 10 jours d'hébergement et ensuite un petit logement. Ces derniers mois avec l'aide de notre Délégation nous avons pu soutenir une famille en grande difficulté matérielle et morale.

Nous notons le nombre plus important de très jeunes familles, de jeunes gens seuls et de mères isolées en difficulté.

Au Vestiaire , les bénévoles ont une activité intense : réception du linge, tri, rangement, préparation de trousseaux, fourniture de tissus et de vêtements à diverses associations. Et surtout cette année : organisation de braderies et de mini brocantes et comme chaque année un grand stand de vêtements à la kermesse paroissiale.C'est grâce à ce travail des bénévoles du vestiaire que nos aides ont pu être plus importantes. Notre vestiaire est ouvert à tous et on y fait de bonnes affaires.

Dans quelques semaines nous proposerons à certains de nos accueillis un atelier « Alimentation à moindre coût »et notions d'organisation, de budget ,de nourriture équilibrée. Merci encore à notre paroisse pour nos nouveaux locaux plus spacieux qui ont été restaurés par nos bénévoles.

L'Accueil de Ceyreste est ouvert le 2ème vendredi du mois, de 9h à 11h .Si vous connaissez des personnes en difficulté donnez leur cette information. Contacts :Denise Salucci et Marielle Malye.

L'Accueil de La Ciotat est ouvert le lundi de 14h30 à 16h30, le mardi de 14h à 17h (dépôt de linge) le jeudi de 9h à 11h, le vendredi de 9h à 11h. 1 place .Esquiros Tel :04 42 71 81 35 aux heures d'ouverture.

Edito du 8 novembre 2009 :

TAIZE : LIEU DE RECONCILIATION

Du 25 au 29 octobre dernier, nous sommes allés, avec 5 jeunes de la Paroisse vivre une session internationale à Taizé.

C'est l'occasion de rappeler la vocation de ce lieu spirituel : aider les hommes à se réconcilier !

Après la deuxième guerre mondiale, frère Roger, choqué par la haine et la violence dont les hommes sont capables, a cette intuition profonde d'aider l'homme à vivre dans la paix. Mais pour cela, il faut commencer par soi-même : si je ne suis pas en paix comment puis-je prétendre aider les autres à faire la paix ?

Quand la paix n'est pas présente entre nos différentes traditions chrétiennes, comment l'église pourrait-elle inviter à la paix ?

Frère Roger fonde donc une petite communauté œcuménique de frères au cœur de la Bourgogne, tout près du petit village de Taizé (moins de cinquante habitants) pour vivre la réconciliation : réconciliation avec soi, réconciliation avec les autres, réconciliation avec Dieu... L'homme réconcilié devient un artisan de paix : il la porte dans son cœur et il est donc apte à la répandre, à la transmettre.

Aujourd'hui, frère Roger est décédé ; il a été tué l'été 2005. Mais la communauté de frères ne
cesse de grandir, des fondations se font un peu partout dans le monde et, à Taizé, des milliers de gens du monde entier ne cessent de venir puiser cette paix si nécessaire à leur épanouissement.

Le message est universel : l'homme a besoin de la réconciliation. Et même si on ne se rend pas à Taizé, même si nous ne sommes plus de jeunes lycéens, qui n'a pas besoin de réconciliation ?

Se réconcilier avec soi : c'est à dire s'accepter tels que nous sommes, sans surestimation ou sous estimation de soi. S'accepter avec nos richesses et avec nos pauvretés, s'accepter avec nos forces et avec nos fragilités, s'accepter avec nos belles réalisations et avec nos échecs, nos erreurs, nos péchés...

Se réconcilier avec les autres. Les autres au sens proche : la famille, les amis... Et les autres au sens large : les voisins, les collègues de travail, les étrangers, ceux que je ne connais pas... Les autres sont tout autant aimés de Dieu que moi ; ils sont mes frères quelles que soient leurs origines, leur couleur, leur culture, leur religion ; c'est ce que nous rappelons chaque fois que nous disons : « NOTRE
Père, ... » (même si les autres ne le disent pas ou prient différemment).

Se réconcilier avec Dieu... Celui dont l'amour est si fort qu'il débouche sur le Pardon... Celui qui peut m'aider à pardonner là où j'ai de la difficulté. Celui qui est la source de la Paix, de l'Amour où je peux puiser sans relâche car cette source ne tarit jamais.

Alors, si on ne vas pas à Taizé pour vivre la Réconciliation ; qu'on se rassure : Dieu, dans son infinie sagesse a tout prévu : pas loin de chez soi, il y a toujours une paroisse avec des prêtres prêt à donner ce superbe sacrement de la réconciliation. Quelquefois, en Avent et en Carême, on y organise même des célébrations du Pardon où, là aussi, on peut recevoir ce sacrement de la Miséricorde divine.

Une seule recommandation : à consommer SANS modération. Car nous avons, et le monde avec nous, tant besoin de Paix...

Laurent

Edito du 1er novembre 2009 :

LE SCOOP !

Le 24 novembre prochain commence une nouvelle formation. Il s'agit d'approfondir notre foi en prenant comme support, les grands textes de la Tradition, le Catéchisme, les conciles, les encycliques, mais en nous appuyant aussi sur de grandes oeuvres d'art. C'est toute l'originalité de ces rencontres ! Notre église paroissiale, vous le savez, compte de véritables chefs d'oeuvre. A ce sujet, je vous livre un scoop... le tableau de Michel Serre, le magnifique ex-voto de la peste de 1720, caché au public depuis longtemps, est à nouveau visible, il a été restauré à l'aide de techniques numériques. Voilà, en effet, ce qu'en disaient Joseph Cornille et Louis Jeansoulin dans leur livre sur La Ciotat (1979) : « Autrefois et Naguère » : « un autre souvenir (de la peste), aujourd'hui introuvable fut un bel ex-voto peint par Michel Serre ... ». Et bien ce tableau n'est pas perdu, et vous allez pouvoir le voir, le 24 novembre prochain ! Ce tableau de Michel Serre a sans doute été déplacé au moment du réaménagement de l'église Notre-Dame et a été adossé au mur avec d'autres tableaux, entre les deux portes de l'entrée, où il se trouve toujours. L'artiste a représenté sur trois autres toiles la peste. Son engagement politique au service d'un quartier de la ville de Marseille, pendant l'épidémie, l'a profondément bouleversé. Le tableau que nous étudierons, nous montre que c'est en homme de foi, qu'il a su courageusement faire face aux évènements. Le tableau représente l'arrivée, par bateau, de trois religieux capucins, reconnaissables à leur habit brun et à leur capuche. La scène se déroule sur nos côtes, près de Marseille. Entre Marseille et Cassis probablement. On distingue un village perché sur les hauteurs. Les religieux sont en prière tandis que la population offre le triste spectacle, d'une foule atteinte par l'épidémie, et se pressant sur le rivage pour les accueillir. Une femme au centre tient dans ses bras son mari. Une mère avec son enfant se fraye un passage. A droite une femme s'est effondrée. Plus loin nous distinguons encore des malades. Michel Serre a voulu montrer que la société dans son ensemble était atteinte par la maladie, homme, femme, jeunes et vieux, riches et pauvres. Personne n'est épargné ! L'attitude des trois capucins contraste avec les habitants du village. Ils ne s'affairent pas pour leur porter secours mais se tiennent dans la prière. Frédéric Meyer dans son étude sur le rôle des religieux durant les épidémies de peste « Pauvreté et assistance spirituelle » rappelle l'aide précieuse que les capucins ont apportés aux habitants durant la peste de 1720. « Tous les témoignages font un même constat : les frères étaient héroïques dans les épidémies. A Marseille en 1720, de tous les religieux de la ville, ce sont les frères mineurs qui paient le tribut le plus lourd à la peste : 49 capucins, 39 cordeliers, 29 récollets, y laissèrent la vie. On sait quelle popularité ceci leur apporta et combien l'assurance de leur dévouement était une forte motivation pour les accueillir ». Michel Serre honore la mémoire de ces hommes qui se sont dévoués sans compter, au péril de leur vie, durant l'épidémie.

LES TROIS RELIGIEUX REPRESENTENT PAR LEUR ATTITUDE, LES TROIS VERTUS THEOLOGALES:

LA FOI - le troisième, à droite, ouvre les mains en signe d'accueil, de confiance et d'obéissance à la Parole de Dieu, en dépit de toutes les difficultés qui sont encore à venir. L'ESPERANCE - le second, au centre a les mains jointes, en signe de disponibilité intérieure, tout entier tendu vers Dieu. Il est à l'écoute de Dieu, malgré l'agitation qui règne sur la place. Il incarne la vertu théologale d'Espérance.

LA CHARITE - celui de gauche, le premier, a les yeux tournés vers le ciel, dans l'attitude d'un homme qui se sait déjà exaucé. Il exulte. Il incarne la vertu théologale de charité. Il semble déjà habiter la vie éternelle car la charité est la perfection de la vie chrétienne.

...la suite en image le 24 novembre... (Julien)

-- JulienFleury - 2009-09-18

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